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Cinabre

DéfinitionClassé sous :chimie , kinnabari , cinnabaris
Cristal Cinabre. Cristal isolé, rouge, rhomboèdrique de cinabre sur dolomite Fenghuang, Hunan Province, Chine. © webmineral

Nous tenons le mot « cinabre » des Grecs (kinnabari) et des Latins (cinnabaris) qui le tiennent eux-mêmes des Perses (zanjifrah). Son étymologie n'est pourtant pas éclaircie parfaitement. Le cinabre a probablement été utilisé, comme vermillon, très tôt en Grèce, en Égypte (Fayoum), en Inde et en Chine (vermillon de Chine), puis à l'époque romaine, comme en attestent les fresques de Pompéi. Il était fort coûteux, donc objet de trafics de la part de certains peintres. L'histoire du vermillon est liée à celle du cinabre, mais aussi à celle du minium, car, dès la Rome antique, il y a eu confusion entre cinabre et minium, tous deux intitulés « minium ». Cette confusion s'est prolongée durant le Moyen Âge.

Écorce de cinabre. Un morceau d'écorce de bouleau découvert à Nadlok et teinté de cinabre. Nadlok : lieu concernant les Inuit du cuivre au Canada. © DR

En réalité, le vermillon se situe plutôt dans la famille des cinabres et le minium dans celle des pigments au plomb. Toutes ces substances sont toxiques, et le cinabre fut interdit au XIXe siècle.

Description du cinabre

Les caractéristiques du cinabre. © DR

Compléments d'information sur le cinabre

Pline disait que le cinabre coûtait aussi cher que le bleu d'Alexandrie et quinze fois le prix de l'ocre rouge d'Afrique.

Au Moyen Âge, en Orient, les plus importants documents étaient signés avec une encre à base de cinabre (l'empereur seul pouvait l'employer) tandis qu'en Occident au XIIe on réalisait certaines enluminures à l'aide d'une encre à base de cinabre et de sanguine. Les artistes de l'époque isolaient cette substance, qu'ils savaient réactive aux autres pigments, à l'aide de vernis et la protégeaient des rayons solaires en posant des glacis.

Le vermillon actuel

L'étymologie du mot vermillon provient du mot ver et signifie : petit ver. Il désigne alors très probablement des pigments rouges n'ayant aucun rapport avec le cinabre, mais peut-être plutôt avec la cochenille ? Le lien semble se faire en 1687, à la création d'un nouveau pigment nommé « vermillon », en référence au vermeil. Il était récupéré sur les parois d'un pot d'argile empli de soufre et de mercure et chauffé. Il s'agissait d'un gaz condensé, le sulfure de mercure. Rien de chimiquement différent du cinabre sauf que le vermillon était produit artificiellement alors que le cinabre est disponible à l'état naturel. Dans les deux cas il coûtait cher.

Le vermillon authentique et le cinabre sont incompatibles avec le plomb, principal siccatif de la peinture à l'huile, car ils contiennent du soufre. Ils noircissent à la lumière. Utilisés en peinture à l'huile (malgré les incompatibilités), en aquarelle et en gouache, ces redoutables poisons ne disparaissent que petit à petit.

Ils sont, d'ailleurs, toujours fabriqués en Chine, et le grain en est plus ou moins fin : pour un cinabre brillant les grains ont des diamètres plus petits que 20 micromètres et ils peuvent mesurer de 50 à 100 micromètres de diamètre pour des colorants plus mats. Les Chinois ont, en plus, une technique particulière de dissolution du cinabre. Il n'en demeure pas moins toxique, comme les colorants d'arsenic.

Fresque de Pompeï peinte avec du cinabre. © DR

La légende la plus connue concernant le cinabre a été racontée par Pline : un dragon, ayant son sang en feu dans son propre corps, se servit pour le rafraîchir du sang d'un éléphant. 

Pour en savoir plus, consultez le site webmineral.com.

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