Ce fut une fin atroce pour cet homme découvert gisant sur le dos, probablement décapité par un gros bloc de pierre tombé sur lui durant sa fuite éperdue. Que lui est-il arrivé lors de ce « dernier jour de Pompéi », au plus fort de l’éruption du Vésuve ?
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[EN VIDÉO] Balade virtuelle dans la villa Diomède à Pompéi Grâce à un modèle numérique très précis élaboré avec plusieurs sources (photographies actuelles et anciennes, relevés topologiques et dessins), les archéologues peuvent dorénavant visiter la maison de Diomède telle qu'elle était à l'époque romaine et telle que l'ont observée plusieurs générations de chercheurs. Découvrez à votre tour en vidéo, cette sublime villa romaine.

Des archéologues ont fait une nouvelle découverte stupéfiante à Pompéi qui témoigne une fois encore du drame qui s'est joué durant l'éruption du Vésuve, en 79 de notre ère. Ainsi, près de 2.000 ans après les faits, ils viennent de retrouver, dans l'allée dite « des balconsbalcons » -- une rue jalonnée de grandes maisons avec balcons --, fraîchement mise au jour, le squelette d'un homme gisant sur le dosdos, la poitrine écrasée par le bloc de pierre de quelque 300 kgkg planté dans le sol au-dessus de ses épaules. Sans doute a-t-il été décapité lors de la chute de cette pierre (« un encadrement de porteporte ? »), propulsée peut-être par le nuagenuage du volcanvolcan.

Ce fut une mort atroce au milieu du chaos de l'éruption en cours. La ville était exsangue, secouée par les spasmes du volcan et bientôt totalement recouverte de cendres. La couche de scoriesscories (lapilli) sur laquelle le squelette repose raconte que l'homme avait survécu aux prémices de l'éruption.

Mais, malheureusement, contrairement à d'autres de ses concitoyens, il n'a pas eu le temps de prendre le large et, avant que le rocher ne lui écrase le haut du corps, il fut renversé par les denses coulées pyroclastiquescoulées pyroclastiques qui déferlaient. Sans doute avait-il beaucoup de peine à marcher, ralenti par une infection osseuse à la jambe, comme le suggèrent les lésions observées sur un tibiatibia. Les premiers examens de ses restes ont révélé qu'il devait être âgé d'une trentaine d'années et mesurait 1 m 60.

Souffrant d’une infection à la jambe, cet homme d’une trentaine d’années n’a pas eu le temps de fuir durant la destruction de Pompéi, il y a près de 2.000 ans. Il a péri violemment au cours de l’éruption du Vésuve. Le bloc de pierre l’a sans doute décapité. © <em>Pompeii, Parco Archeologico</em>

Souffrant d’une infection à la jambe, cet homme d’une trentaine d’années n’a pas eu le temps de fuir durant la destruction de Pompéi, il y a près de 2.000 ans. Il a péri violemment au cours de l’éruption du Vésuve. Le bloc de pierre l’a sans doute décapité. © Pompeii, Parco Archeologico

Une fin similaire à celle d'un autre homme boiteux retrouvé à Pompéi

Cette fin horrible rappelle celle d'un autre homme découvert dans la maison du forgeron. « Ce sont les restes d'un individu boiteux qui n'a probablement pas pu s'échapper en raison de difficultés motrices, explique Massimo Osanna. Aussi, au-delà de l'impact émotionnel de ces découvertes, poursuit le directeur général du parc archéologique de Pompéi, la possibilité de comparer ces découvertes, de comparer les pathologiespathologies et les modes de vie ainsi que la dynamique d'évasion et, surtout, de pouvoir les étudier avec des instruments toujours plus spécifiques et un professionnalisme de terrain, contribue à former une image de plus en plus précise de l'histoire de la civilisation de l'époque ».

Ces fouilles dans la Regio V sont réalisées dans le cadre du Grand Projet de Pompéi. Il y a quelques semaines, les archéologues faisaient la « découverte exceptionnelle » des restes d'un cheval dans une villa située au nord de l'antique cité romaine. Rappelons qu'il reste environ 22 hectares à fouiller sur les 66 de l'ensemble urbain.