Au Berkeley Lab (États-Unis), un groupe de chercheurs étudie le pouvoir refroidissant des toits et des murs réfléchissants. Aujourd’hui, ils ajoutent une couleur à leur palette : le bleu égyptien. © ArtWithTammy, Pixabay, Creative Common, by-sa CC0

Sciences

Efficacité énergétique : un pigment égyptien pour refroidir les bâtiments

ActualitéClassé sous :physique , efficacité énergétique , efficacité énergétique des bâtiments

Plusieurs études ont déjà montré que la couleur de nos bâtiments influait sur leur efficacité énergétique. De ce point de vue, le blanc est bien sûr intéressant. Mais des chercheurs américains nous apprennent aujourd'hui qu'un certain bleu, déjà connu des Égyptiens, pourrait avoir son rôle à jouer.

En Europe, le bâtiment est le premier consommateur d’énergie. Il est ainsi responsable de 25 % des émissions de CO2. Des chiffres qui expliquent pourquoi l'efficacité énergétique des bâtiments est aujourd'hui devenue une préoccupation majeure. Parmi les pistes explorées : les couleurs des toits et des murs de nos maisons. En la matière, c'est connu, le blanc est particulièrement intéressant. Son potentiel : réduire nos factures de climatisation de 10 à 30 %. Par souci d'esthétisme pourtant, les propriétaires restent réticents.

C'est pourquoi des chercheurs du Berkeley Lab (États-Unis) travaillent à nous offrir de nouvelles options. Il y a quelque temps, ils avaient déjà pu démontrer qu'un pigment rouge rubis pourrait représenter une alternative utile. Aujourd'hui, ils ajoutent un pigment bleu à la palette des possibles.

Outre son potentiel pour refroidir les bâtiments, le bleu égyptien pourrait servir à teinter nos fenêtres. Le rayonnement infrarouge qu’elles émettraient ainsi pourrait en effet être capté par des cellules photovoltaïques posées sur les encadrements. © Pierre Châtel-Innocenti, Unsplash

Du bleu pour refroidir les bâtiments

Il s'agirait d'un pigment qu'ils n'ont pas nouvellement synthétisé. Non ! Plutôt d'un pigment réputé pour être l'un des premiers pigments synthétiques déjà largement employé par les Égyptiens. Il en tire d'ailleurs son nom de bleu égyptien. Il est produit à partir de silicates de cuivre et de calcium.

Exposé au soleil, ce pigment absorbe la lumière visible pour émettre dans l'infrarouge proche et, selon les travaux des chercheurs du Berkeley Lab, cette fluorescence serait dix fois plus importante que soupçonnée. Ainsi, les surfaces recouvertes de bleu égyptien peuvent émettre près de 100 % des photons absorbés. Les photons infrarouges transportant moins d'énergie que les photons visibles, l'efficacité énergétique du processus atteint les 70 %.

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