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[EN VIDÉO] Quelle est la bombe nucléaire la plus puissante de l'Histoire ? Le 30 octobre 1961, une bombe atomique de 57 mégatonnes explose au-dessus du site de Novaya Zemlya, en Russie. Baptisée Tsar Bomba, elle est la plus puissante bombe de l'Histoire.

L'hiverhiver nucléaire est une catastrophe environnementale causée par l'explosion de plusieurs bombes nucléaires. Il s'agit d'un refroidissement hypothétique du climatclimat qui ne s'est jamais produit à ce jour.  

Ce phénomène climatique n'a encore jamais eu lieu et n'est donc qu'une conséquence supposée en cas de guerre nucléaire. Pour aboutir à une modification du climat sur une zone géographique assez vaste (comme un continent), voire même sur la Terre entière, une seule explosion nucléaire ne suffirait pas : une centaine d'explosions nucléaires serait nécessaire pour aboutir à une telle catastrophe.  

Une seule explosion nucléaire ne suffirait pas à modifier le climat, mais au moins une centaine. © kremldepall, Adobe Stock
Une seule explosion nucléaire ne suffirait pas à modifier le climat, mais au moins une centaine. © kremldepall, Adobe Stock

Comment des explosions nucléaires peuvent-elles modifier le climat ?

De la même manière qu'une éruption volcanique massive peut refroidir le climat, et ainsi aboutir à un « hiver volcaniquehiver volcanique », les scientifiques supposent que de nombreuses explosions de bombes nucléaires pourraient endommager la couche d'ozonecouche d'ozone et ensuite créer un nuagenuage opaque : les émissions de nitrogène, la fumée et les énormes quantités de poussières soulevées par les explosions pourraient former une couche qui bloquerait les rayons du soleil au bout de quelques semaines.

Les explosions de bombes nucléaires ont pour conséquence de projeter des boules de feu sur des kilomètres de distance. Dans l'éventualité d'un grand nombre d'explosions, leurs projections déclencheraient des incendies massifs et incontrôlables dans la nature et les villes. De gigantesques panaches de fumée, de suiesuie et de poussière s'élèveraient alors dans le ciel, poussés par les courants ascendants liés à la chaleur.

Un hiver nucléaire plongerait une partie du monde, ou la totalité, dans l'obscurité et le froid glacial. © Solid photos, Adobe Photos
Un hiver nucléaire plongerait une partie du monde, ou la totalité, dans l'obscurité et le froid glacial. © Solid photos, Adobe Photos

Ces multiples nuages de fumée seraient alors repris par la circulation en altitude, de l'ouest vers l'est dans l'hémisphère Nordhémisphère Nord et voyageraient dans l'atmosphèreatmosphère. Cela aboutirait à la formation d'une « ceinture de particules » qui bloquerait les rayons du soleil pendant des semaines ou des mois. Une partie du monde se retrouverait dans ce cas dans une semi-obscurité, faisant chuter les températures au niveau des gelées de jour comme de nuit, le tout associé à un fort niveau de radiation.

1 % de l'arsenal nucléaire du monde suffirait à déclencher un hiver nucléaire

On estime qu'il y a actuellement 15.000 bombes nucléaires sur Terre. Selon le chercheur Ivan Lavallée, une guerre nucléaire utilisant seulement 1 % des arsenaux existants conduirait déjà à un hiver nucléaire. L'explosion de 100 bombes d'une puissance similaire à celle d'Hiroshima en 1945 suffirait à déclencher une catastrophe mondiale : 4 millions de tonnes de carbone seraient propulsées dans la stratosphèrestratosphère et une partie de la couche d'ozone serait détruite : certaines régions subiraient des rayons UVUV destructeurs pour la vie. Les fumées s'étendraient sur l'ensemble de la Planète en moins de deux semaines, conduisant à une chute des températures de 10 à 30 °C en moyenne sur Terre.

Une nouvelle période de glaciation pourrait se mettre en place en cas d'hiver nucléaire. © Alexandra Mazur, Université de Göteborg
Une nouvelle période de glaciation pourrait se mettre en place en cas d'hiver nucléaire. © Alexandra Mazur, Université de Göteborg

Les conséquences d'un hiver nucléaire sur Terre et dans l'eau

Ce refroidissement pourrait alors durer plusieurs mois et s'atténuer ensuite progressivement au fil des ans. Au bout de cinq ans, la température globale serait toujours en dessous de la normale enregistrée avant les explosions. Cette modification du climat ainsi que la pollution présente, bloqueraient la photosynthèsephotosynthèse des plantes et anéantirait toute vie végétale et animale sur les zones touchées.

La population humaine qui aurait réussi à survivre aux explosions se retrouverait confrontée aux maladies, ainsi qu'à la famine liée à un désastre agricole. Une nouvelle période de glaciationglaciation pourrait se mettre en place dans ce contexte, aboutissant à la formation de plusieurs milliers de kilomètres carrés de glace sur les océans, bloquant une partie de la navigation. Les océans prendront plus de temps que les terres à retrouver des conditions viables : dans l'eau, les conditions pourraient rester invivables pendant des centaines d'années.