La Chine a de nombreux projets à l’étude, notamment celui d'un petit réacteur nucléaire servant à la propulsion et à l’alimentation électrique de missions spatiales. Indispensable pour faire des missions lointaines dans le Système solaire, il est en cours de développement par l'Académie chinoise des Sciences, missionnée par l’Agence spatiale chinoise.

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[EN VIDÉO] Zhurong : ses premiers sons sur Mars Zhurong, c’est le premier rover chinois à fouler le sol de Mars. Et le 27 juin 2021, l’Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) a publié une série de fichiers audio qu’il a enregistrés. Une première ! C’était le 22 mai 2021, alors que le rover allumait ses moteurs et descendait les rampes de l’atterrisseur pour aller rouler sur le sol de la planète rouge. (chinois traduit en anglais) © CCTV Video News Agency

Quand une mission spatiale s'éloigne trop du SoleilSoleil, pour aller par exemple vers Saturne, Neptune ou plus loin encore, l'éclairement du Soleil n'est plus suffisant pour que les panneaux solaires puissent fournir suffisamment d'énergieénergie électrique. Une autre source d'énergie est indispensable. Pour les missions Voyager, Cassini ou encore New Horizons qui a survolé PlutonPluton, la Nasa s'est tournée vers le nucléaire. La Chine entend faire de même.

C'est l'Académie chinoise des Sciences (CAS - China Academy of Sciences) qui fournira le système à l'agence spatiale chinoise (Cnsa). Des rapports qui ont été publiés, puis cachés mais archivés, indiquent que le projet de recherche & développement de la CAS a été accepté trois ans après son initiation. Un prototype ainsi que certains composants auraient déjà été construits l'année dernière. À base de fissionfission, le projet devra être capable de générer un mégawatt d'électricité, soit environ 10 fois la puissance de la Station spatiale internationale (estimée à 120 kW).

L'atterrisseur Chang'e 3 vu par le rover Yutu. Pour tenir pendant la nuit lunaire qui dure 14 jours, il utilise un RTG (générateur thermoélectrique à radioisotope), un système proche du réacteur nucléaire. Mais c'est la Russie qui fournit la Chine en RTG jusqu'à présent. © CNSA
L'atterrisseur Chang'e 3 vu par le rover Yutu. Pour tenir pendant la nuit lunaire qui dure 14 jours, il utilise un RTG (générateur thermoélectrique à radioisotope), un système proche du réacteur nucléaire. Mais c'est la Russie qui fournit la Chine en RTG jusqu'à présent. © CNSA

Un besoin à la hauteur des ambitions du programme spatial chinois

Par ailleurs, le programme chinois d'exploration du Système solaireSystème solaire regorge de projets de missions, dont certaines vont au-delà de Saturne. Il est notamment question d'envoyer des sondes vers Neptune et même au-delà de l’héliosphère, la frontière de notre Système solaire, à l'instar des missions Voyager. La Nasa utilise un générateurgénérateur thermoélectrique à radioisotoperadioisotope - RTG pour l'alimentation électrique. La Chine en utilise aussi, par exemple pour les atterrisseurs lunaires Chang'e 3 et 4, mais ils étaient fournis par la Russie.

Proposition de plan de vol de la sonde Interstellar Heliosphere Probe 2, dont l'alimentation électrique pourrait bien bénéficier d'un réacteur nucléaire, si jamais il se concrétise à temps. © <em>Planetary Society</em>
Proposition de plan de vol de la sonde Interstellar Heliosphere Probe 2, dont l'alimentation électrique pourrait bien bénéficier d'un réacteur nucléaire, si jamais il se concrétise à temps. © Planetary Society

Un réacteur nucléaire peut également servir pour livrer toute la puissance nécessaire aux missions habitées planétaires, comme sur la LuneLune, où la Cnsa projette de construire une base scientifique permanente. Il peut également être employé pour des systèmes de transports ambitieux, comme des lanceurslanceurs lourds ou des futurs avions spatiaux.