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EXCLUSIF : Interview de Mike Melvill Pilote du SpaceShipOne

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SpaceShipOne de Scaled Composites a parfaitement réussi son deuxième vol spatial ce mercredi 29 septembre, après avoir décollé à 14h11 TU depuis l'aéroport de Mojave (Californie) en vue de gagner le ANSARI XPRIZE.

EXCLUSIF : Interview de Mike Melvill Pilote du SpaceShipOne

Lors du vol suborbital du 21 juin dernier, l'équipe menée par Burt Rutan (concepteur d'avion reconnu avec sa société Scaled Composites) comptait surtout tester l'avion-fusée. En conséquence, ce vol ne comptait pas pour gagner le prix de 10 millions de dollars.

Mais désormais, les choses sont différentes. Après ce second vol réussi du 29 septembre SpaceShipOne doit prochainement repartir. En effet, selon le règlement très strict du concours, SpaceShipOne devra réitérer son vol suborbital d'ici 14 jours pour l'emporter. Toujours selon ce règlement, le même appareil devra également effectuer son incursion spatiale avec l'équivalent en poids de 2 passagers.

Mike Melvill totalise recevant ses ailes d'astronaute (vol à plus de 100 km d'altitude) le 21 juin dernier. © Scaled Composites

Le pilote du vol du 29 septembre était également celui du 21 juin : Mike Melvill, vice-président de Scaled Composites.

Nous vous proposons donc un extrait de l'interview qu'il avait accordé à ESPACE Magazine (n°8 actuellement en kiosque). Le pilote revient en toute franchise sur le problème qu'il avait rencontré lors du vol du 21 juin.

ESPACE Magazine : A quand remonte votre désir d'aller dans l'espace ?

Mike Melvill : J'ai eu envie d'aller dans l'espace depuis ma rencontre avec Neil Armstrong en 1993. Jusqu'à maintenant, il n'y avait aucun moyen pour y aller. Même "John Denver célèbre chanteur américain de Country, mort dans un accident d'avion en 1997, NDLR", qui a proposé 25 millions de dollars à la NASA, n'a pu partir.

21 juin : SpaceShipOne vient d'atteindre les 100 km : la frontière de l'espace. © Scaled Composites

ESPACE Magazine : Lors du vol du 21 juin, vous avez rencontré un problème. Comment l'avez-vous résolu ?

Mike Melvill : Oui, j'ai eu un problème avec le système de trim "petit volet de prébraquage des gouvernes, NDLR", heureusement hors de l'atmosphère sinon j'aurais réellement eu un gros souci ! J'avais réglé mon trim en position "nez vers le haut" pour monter bien à la verticale. Lorsque les moteurs de trim ont forcé les gouvernes en butée "nez vers le haut", la protection thermique interne - montée dans chaque moteur de trim - a coupé le moteur de trim droit. Quand j'ai tenté de centrer les deux gouvernes, seule celle de gauche a bougé. Du coup, j'étais en position "nez vers le haut" à fond sur la droite, et "nez vers le bas" à fond sur la gauche ! Je savais très bien que je ne survivrai pas à une rentrée dans cette configuration, donc je me suis dépêché de mettre en oeuvre mon trim de secours, puis j'ai lentement ramené mes deux gouvernes en position centrale, pour une rentrée sûre. J'y suis arrivé juste avant de pénétrer le haut de l'atmosphère à Mach 2,9. J'étais plutôt soulagé d'avoir réussi à corriger ce problème...

Retour du SpaceShipOne en vol plané © Scaled Composites

ESPACE Magazine : Il y a débat sur les 100 km et la frontière de l'espace. Personnellement, et c'est peut-être le plus important, avez-vous eu le sentiment d'être dans l'Espace ?

Mike Melvill : Pour l'US Air Force, l'Espace est une altitude supérieure à 50 miles. Le reste du monde accepte 100 km, soit 62 miles. Avec certitude, j'ai senti que j'étais dans l'Espace. Je ne pesais plus rien, le ciel était noir et les contrôles aérodynamiques de l'avion ne fonctionnaient plus du tout. Je devais utiliser les éjecteurs de gaz afin de contrôler l'attitude de l'appareil. J'étais dans l'Espace !

 Propos recuillis par Olivier Sanguy

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