Des chercheurs japonais estiment que des « blanètes », semblables à nos planètes, peuvent orbiter au large de trous noirs supermassifs. © PatinyaS., Adobe Stock
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Des « blanètes » autour du trou noir géant au centre de la Voie lactée ?

ActualitéClassé sous :trou noir supermassif , blanète , exoplanètes

On connaissait les « moonmoons », les lunes de lunes, et les « ploonètes », des satellites séparés de leurs planètes. Il va désormais falloir compter avec les « blanètes », des planètes qui orbitent autour de trous noirs supermassifs.

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Non, les astronomes de plusieurs universités japonaises responsables de cette étude n'étaient pas tous enrhumés au moment de rendre compte de leurs travaux. Lorsqu'ils parlent de « blanètes », c'est bien pour évoquer une forme particulière d'exoplanètes. Des exoplanètes qui, au lieu d'orbiter autour d'une étoile, tournent autour... d'un trou noir supermassif - un « blackhole » pour les anglophones, d'où le « b » remplaçant le « p » de « planète ».

Car, s'il est généralement convenu que les trous noirs dévorent tout ce qui passe à proximité, les choses ne sont en réalité pas aussi simples que cela. Les trous noirs sont surtout des puits de gravité. Tout comme les étoiles, à leur niveau. Ainsi il y a un an, des chercheurs imaginaient qu'il existe, à la bonne distance autour d'un trou noir supermassif et dans les bonnes conditions, une sorte de zone de sécurité dans laquelle des milliers de planètes pourraient être en orbite. Des « blanètes », donc.

Comme c'est le cas pour les exoplanètes qui se développent autour des étoiles, ces « blanètes » se forment à partir des nuages de poussière tourbillonnante qui entourent les trous noirs. Autour d'un trou noir d'environ un million de masses solaires, de telles « blanètes » verraient le jour en 70 à 80 millions d'années. Et elles seraient assez semblables à nos planètes. Certaines seraient rocheuses, comme la Terre. Même si probablement environ vingt fois plus grandes. D'autres seraient gazeuses. Elles présenteraient des masses allant jusqu'à 3.000 fois celle de notre Terre - une limite, pour une planète aussi. Le tout à au moins 13 années-lumière du trou noir supermassif hôte.

Des « blanètes » seulement dans certaines conditions

Mais tous les trous noirs supermassifs ne peuvent pas former des « blanètes ». Rappelons en effet que la glace semble être l'un des ingrédients clés de la formation des planètes. Ainsi les poussières et les gaz qui tombent vers un trou noir sont réputés trop chauds pour cela. Mais les chercheurs ont découvert que certains trous noirs affichent comme une « ligne de neige » au-delà de laquelle l'espace est suffisamment frais pour que les particules de poussière se glacent. Et, lorsqu'elles entrent alors en collision, elles peuvent plus facilement se coller les unes avec les autres. À l'image de deux glaçons qui s'unissent plus volontiers que deux cailloux.

Selon les chercheurs japonais, les meilleurs candidats à la formation de « blanètes » seraient les noyaux actifs de galaxies de relativement faible luminosité. Malheureusement, l'information ne suffira pas à détecter de tels objets. Les « blanètes » restent en effet cachées à notre vue par le disque de matière en lui-même et par la proximité du trou noir supermassif.

Malgré tout, le sujet reste intéressant à explorer. Les chercheurs se demandent déjà si la vie pourrait s'être développée sur de telles « blanètes ». Même si les rayonnements ultraviolets et X émis par le trou noir pourraient se révéler incompatibles avec cette idée.

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