L’architecture de notre Système solaire semblait moins inhabituelle dans son enfance. Les positions de Jupiter et de Saturne étaient plus conformes à ce que les astronomes observent ailleurs dans la Voie lactée. © RizalgyMusa, Adobe Stock
Sciences

Comment Jupiter et Saturne ont chamboulé le Système solaire

ActualitéClassé sous :Système solaire , formation du Système solaire , Jupiter

L'architecture actuelle du Système solaire apparaît singulière. Mais selon de nouveaux travaux, elle l'était moins par le passé. Saturne et Jupiter, notamment, n'occupaient alors pas la même position qu'aujourd'hui.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Les planètes du Système solaire sont nées de cataclysmes  La Terre et les autres planètes tournant autour du Soleil sont nées dans la tourmente, au hasard des collisions successives. C'est ce que nous décrit cet épisode de la série Les clés de l'univers proposé par la chaîne Discovery Science. 

Notre Système solaire n'est aujourd'hui plus le seul que les astronomes ont la possibilité d'étudier. Et c'est ainsi qu'ils se sont rendu compte de la singularité de son architecture. « Il existe des milliers de systèmes planétaires, rien que dans la Voie lactée, résume Matt Clement, chercheur à la Carnegie Institution (États-Unis), dans un communiquéMais il s'avère que la disposition des planètes dans notre système est des plus inhabituelle ».

Pour comprendre comment nos planètes se sont retrouvées ainsi placées -- un peu comme on essaie de comprendre un accident de voiture après coup --, les chercheurs ont lancé quelque 6.000 simulations. Et ils révèlent aujourd'hui une relation inattendue entre Jupiter -- qui a migré vers l'intérieur du Système solaire -- et Saturne -- qui a migré vers l'extérieur du Système solaire.

Une planète géante glacée éjectée

Les astronomes pensaient en effet que dans l'enfance du Système solaire, Jupiter tournait trois fois autour du Soleil pendant que Saturne n'accomplissait que deux révolutions. Mais les chercheurs de la Carnegie Institution montrent que le modèle qui donne un rapport de deux orbites sur une -- les astronomes parlent d'une résonance 1:2 -- produit une architecture planétaire plus semblable à celle que nous observons aujourd'hui. « Même si notre système solaire est un peu bizarre, cela n'a pas toujours été le cas, indique Matt Clement. Notre modèle va désormais servir à étudier la formation des planètes terrestres pour augmenter notre capacité à rechercher ailleurs, des systèmes similaires qui auraient le potentiel d'accueillir la vie ».

Le modèle des chercheurs de la Carnegie Institution montre par ailleurs que cette résonance entre Jupiter et Saturne pourrait avoir été à l'origine d'une déstabilisation de petits corps résultants dans ce que l'on nomme le Grand bombardement tardif. Il montre également que les positions d'Uranus et de Neptune ont été fixées par la masse de la ceinture de Kuiper. Et par une planète géante glacée qui a été éjectée du Système solaire dans son enfance.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !