Cette image à haute résolution montre la structure stratifiée des parois de cratères d'une plaine glacée de Pluton. Sur Terre, elle indiquerait une activité géologique. Ici, il est difficile de dire s’il s'agit d’évènements locaux, régionaux ou globaux. Les structures linéaires sombres en bas de l’image pourraient trahir une tectonique. La majorité des cratères visibles se trouvent dans le bassin Burney, large d’environ 250 kilomètres (son nom honore Venetia Burney, l’écolière anglaise de 11 ans qui a proposé le nom de Pluton pour la nouvelle planète découverte en 1930). La barre en haut à gauche donne l'échelle : 6 miles correspondent à environ 9,6 kilomètres. © Nasa, JHUAPL, SwRI

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Pluton : de nouvelles images haute résolution époustouflantes

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Nous ne sommes pas au bout de nos surprises avec les images collectées par la sonde New Horizons le 14 juillet 2015, lors de son survol de Pluton. De nouvelles images haute résolution sont arrivées et d'autres sont annoncées pour très bientôt. Elles devraient être bavardes quant à l'histoire géologique de ce monde glacé qui s'avère bien plus actif qu'imaginé.

New Horizons capture des images de Pluton ultra-détaillées  Ces images sont les plus détaillées jamais prises de Pluton. Elles font partie d’une séquence capturée par New Horizons lors du survol de la planète naine le 14 juillet 2015. Découvrez-les, assemblées par les scientifiques de la Nasa, au cours de cette vidéo. 

La sonde News Horizons vogue actuellement à plus de cinq milliards de kilomètres de la Terre en direction de 2014 MU69, un des objets de la ceinture de Kuiper. Les contraintes de la physique et de la technologie - comme celles qu'imposent la théorie de la transmission de signaux et les méthodes de corrections d'erreurs - font que les images et les données enregistrées par la sonde de la Nasa ne peuvent nous être transmises qu'au compte-gouttes.

Toujours enthousiaste, Alan Stern, un des principaux scientifiques en charge de la mission, en poste au Southwest Research Institute (SwRI), à Boulder (Colorado, États-Unis), s'émerveille devant les dernières images de Pluton à haute résolution : « Elles nous fournissent une fenêtre à haute résolution sur la géologie de Pluton à couper le souffle ! Aucune qualité comparable n'avait été disponible pour Vénus ou Mars avant des décennies après leurs premiers survols. Et pourtant, avec Pluton, nous parcourons déjà ses cratères, ses montagnes et ses champs de glaces moins de cinq mois après son survol ! La science que nous pouvons faire avec ces images est tout simplement incroyable ».

Au bord de la plaine Spoutnik se dressent les montagnes Al-Idrisi. Elles sont formées de blocs de glace d'eau dont certains sont hauts de plus d'un kilomètre et semblent avoir été bousculés. Des strates sont visibles, peut-être en relation avec les évènements ayant conduit aux mêmes structures dans certains grands cratères. Celles de la plaine Spoutnik, basées sur de la glace d'azote, sont peut-être dues à une sublimation provoquée par la lumière du Soleil. © Nasa, JHUAPL, SwRI

Une résolution cinq fois supérieure à celle des images de Triton

Les planétologues voulant faire de la géologie comparée entre la Terre, Mars, Europe, Titan et Pluton disposent désormais d'une bande de la surface de la planète de 80 kilomètres de large et 800 kilomètres de long avec une résolution par pixel de 77 à 85 mètres. Elle montre la plaine Spoutnik (Sputnik Planum) et les montagnes de glace Al-Idrisi qui la bordent (nommées d'après un grand géographe et botaniste du XIIe siècle, dit l'Arabe de Nubie).

Une image d'une région de Pluton faisant penser aux badlands sur Terre. La barre en haut à gauche donne l'échelle qui est d'environ 9,6 kilomètres (6 miles). La largeur de l'image est d'environ 80 kilomètres. © Nasa, JHUAPL, SwRI

Ces montagnes sont constituées de glace d'eau ; les glaciers qui les recouvrent et ceux de la plaine sont quant à eux faits d'azote. Ces nouvelles images ont une résolution six fois supérieure à celles ayant permis de constituer le carte globale de Pluton et sont cinq fois supérieure à celles de la cousine de Pluton, Triton (le plus gros satellite de Neptune), qui avait été observée de près par la sonde Voyager 2, en 1989. On ne devrait pas disposer d'images d'une qualité supérieure avant des décennies ; il faudra attendre pour cela qu'une autre mission, peut-être propulsée par un moteur ionique performant, soit envoyée à destination de Pluton et Charon.