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L'enjeu du cuivre

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La Péninsule des Balkans bénéficie d'importantes ressources minérales naturelles en sulfites polymétalliques complexes, en particulier les chalcopyrites, aujourd'hui parmi les plus rentables des minerais exploités pour la production de cuivre. Cette industrie minière et métallurgique constitue une carte importante pour le redressement socio-économique de ces pays après les conflits de la décennie passée. A condition que son impact environnemental très négatif soit fortement réduit.

L'enjeu du cuivre

La production cumulée des dépôts de sulfites exploités à l'Ouest de la Péninsule - en Serbie-et-Monténégro, ex-République yougoslave de Macédoine et Albanie - est classée dans les 15 plus importantes sources de minerais de cuivre dans le monde, avec un volume de 16 millions de tonnes par an, permettant d'extraire 170.000 tonnes de cuivre raffiné. Le potentiel de cette activité industrielle à très haute valeur ajoutée peut, en outre, être développé.

Problèmes "lourds"

Des mines à ciel ouvert ou souterraines jusqu'au stade du cuivre pur, les processus industriels en jeu dans le cycle de production (séparation des composants minéraux par flottation, traitement du concentré par pyrométallurgie, raffinage par électrolyse) posent cependant de lourds problèmes environnementaux. Ces procédés sont générateurs de déchets solides, liquides et gazeux, qui représentent une source considérable de pollution par les métaux lourds et les dérivés soufrés. Les impacts sur les sols, les ressources en eaux et, en définitive, sur la santé humaine sont très sérieux à l'échelle locale.

"C'est dans ce cadre que s'inscrit, depuis 2003, le projet européen Intreat, explique son coordinateur Dimitrios Panias de l'Université technique nationale d'Athènes (NTUA). L'objectif est de remédier à ces atteintes à l'environnement, jusqu'ici largement négligées, et qui conditionnent la réouverture de certaines exploitations et le développement de ce secteur. Les recherches, menées en partenariat multinational (Grèce, Allemagne, Serbie, Bulgarie et ex-République yougoslave de Macédoine), doivent mettre au point des mesures préventives et des remèdes techniques pour minimiser les rejets, restaurer les sites de déchets et prévenir la contamination des eaux de la région. Il s'agit également d'évaluer les risques d'impact sur la santé humaine et les écosystèmes et développer des mesures techniques à des coûts acceptables. Sur le plan légal, Intreat vise aussi à satisfaire les directives européennes, et particulièrement la directive IPPC, dans la législation des deux pays concernés."

Sites choisis

Deux sites tests ont été choisis : les mines de cuivre de Buchim en ex-République yougoslave de Macédoine et le complexe de Bor, à proximité des trois frontières Serbie-Roumanie-Bulgarie à cheval sur le cours du Danube. Ce vaste ensemble, représente 15 000 emplois à l'échelle de la région et couvre toute la filière de l'extraction au raffinage du cuivre.

Cette industrie pose d'importants problèmes de pollution atmosphérique due aux poussières et aux rejets gazeux d'oxyde de soufre et à l'accumulation de déchets de sulfites solides. D'importants bassins de stockages de boues de flottation et de rejets d'effluents liquides à haute teneur en acide sulfurique et en métaux lourds polluent, en outre, gravement les rivières locales Bor et Krivelj. Les taux de métaux lourds dans l'atmosphère et dans ces cours d'eau dépassent largement les limites admises. Près de 20 000 hectares de terres agricoles sont atteintes. On craint, en outre, une rupture des digues de retenue, en mauvais état, du bassin de boues Velik Krivelj (près de 200 millions de m3), aménagé dans le lit même de cette rivière dont le cours a été détourné à cet effet. Une telle catastrophe provoquerait une crise écologique majeure jusqu'au delta roumain du Danube.

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