Vingt-trois rencontres rapprochées et au total, 13 années d’observations. C’est grâce aux précieuses données recueillies par la sonde Cassini entre 2004 et 2017 que les astronomes de la Nasa sont parvenus à produire une carte extrêmement détaillée de la surface d’Encelade, lune de Saturne. Une carte qui révèle la présence de glace fraîche dans l’hémisphère nord.

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[EN VIDÉO] Grand final de Cassini : qu’attendre des dernières mesures de Saturne ? Le 15 septembre 2017, Cassini n’a pas fait que plonger dans Saturne pour disparaître à jamais. Jusqu’à ses derniers instants, la sonde a réalisé des mesures de la géante gazeuse et de ses anneaux. Comme nous l'explique cette vidéo du Cnes, les scientifiques y voient des informations précieuses sur des mystères tenaces : l'âge des anneaux, leur formation, l'intérieur de la planète, etc.

Si les astronomesastronomes s'intéressent d'aussi près à EnceladeEncelade, la lunelune glacée de SaturneSaturne, c'est parce qu'ils espèrent y trouver des traces d'une vie extraterrestre. Et en utilisant les données recueillies en 13 ans d'exploration de la planète aux anneaux et de ses lunes par la sonde Cassini, les chercheurs de la NasaNasa sont parvenus à produire les images infrarougesinfrarouges d'Encelade les plus détaillées jamais produites. Elles apportent notamment la preuve de l'existence de glace fraîche du côté de l'hémisphère nordhémisphère nord de la lune de Saturne.

En 2005, les astronomes avaient déjà découvert des panaches de glace et de vapeur d'eau provenant de l'océan liquideliquide qui coule sous l'épaisse couche de glace qui recouvre Encelade. C'était du côté du pôle sud et des fameuses rayures de tigretigre.

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Cette activité géologique apparait clairement sur les nouvelles images infrarouges que les chercheurs de la Nasa présentent aujourd'hui. Des images tirées des données de l'imageur spectral visible et infrarouge (Wims) de la mission Cassini. Et qu'ils ont obtenu après applicationapplication d'une technique de correction photométrique. Car la luminositéluminosité observée d'Encelade dépend des propriétés du matériaumatériau de surface, de la forme de la surface et de l'angle sous lequel elle est vue. Une correction de ces variations était nécessaire pour montrer les différences de composition et d'état physiquephysique à la surface.

Ici, cinq vues infrarouges d’Encelade, la lune glacée de Saturne. D’abord centrée sur le côté avant, puis sur le côté tourné vers Saturne et sur le côté arrière. Et sur la seconde ligne, les pôles nord et sud. © Nasa, JPL-Caltech, <em>University of Arizona, </em>LPG, CNRS, Université de Nantes, <em>Space Science Institute</em>
Ici, cinq vues infrarouges d’Encelade, la lune glacée de Saturne. D’abord centrée sur le côté avant, puis sur le côté tourné vers Saturne et sur le côté arrière. Et sur la seconde ligne, les pôles nord et sud. © Nasa, JPL-Caltech, University of Arizona, LPG, CNRS, Université de Nantes, Space Science Institute

 

Une activité géologique au nord d’Encelade

« L'infrarouge nous montre que la surface du pôle sud-est jeune, ce qui n'est pas une surprise, car nous connaissions les jets qui y projettent des matièresmatières glacées », explique Gabriel Tobie, chercheur à l'université de Nantes et coauteur de la nouvelle étude, dans un communiqué du JPL (Jet Propulsion Laboratory). Mais le fait que des caractéristiques similaires à celles observées au sud apparaissent dans l'hémisphère nord mène les astronomes à la conclusion que, non seulement cette région est -- comme l'hémisphère sudhémisphère sud -- recouverte de glace fraîche, mais qu'elle est le siège d'une activité géologique du même type.

« Maintenant, grâce aux yeuxyeux infrarouges de Wims, nous pouvons remonter le temps et dire qu'une grande région de l'hémisphère nord semble également jeune et était probablement active il n'y a pas si longtemps, géologiquement parlant », poursuit Gabriel Tobie. Les astronomes estiment que ce qu'ils qualifient de resurfaçage de l'hémisphère nord pourrait être dû à des panaches de glace semblables à ceux observés du côté du pôle sud. Ou à un mouvementmouvement plus progressif de la glace à travers les fractures de la croûtecroûte, depuis l'océan souterrain jusqu'à la surface.

Les chercheurs comptent maintenant appliquer la même technique à d'autres lunes glacées du Système solaire. Avec pour objectif de les comparer à Encelade. En commençant pourquoi pas avec Europe et GanymèdeGanymède, les lunes de JupiterJupiter, grâce aux missions Juice et Europa Clipper.