Le satellite Sentinel 3B s'apprête à décoller. Ici, un satellite Sentinel 3. Financés par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne (ESA), les satellites Sentinel 3 sont construits par Thales Alenia Space et opérés par Eumetsat. © S. Corvaja, ESA

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Le satellite Sentinel 3B s'apprête à décoller

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Le satellite d'observation de la Terre Sentinel 3B s'apprête à rejoindre son jumeau, Sentinel 3A. Le décollage est prévu ce soir. Ce satellite de l'Agence spatiale européenne (ESA), construit par Thales Alenia Space pour surveiller les océans et les terres émergées, fait partie du programme Copernicus, de la Commission européenne.

Pour son premier lancement de l'année, sur les sept prévus au total, l'Agence spatiale européenne (ESA) fera décoller ce soir Sentinel 3B. Ce satellite du programme d'observation de la Terre Copernicus, de la Commission européenne, sera lancé par une fusée russe Rockot, depuis le cosmodrome de Plessetsk, situé dans le nord de la Russie. Le décollage est prévu à 19 h 57, heure de Lyon, et est à suivre en direct sur le site Internet d'Eumetsat, l'organisation européenne pour l'exploitation de satellites météorologiques responsable des opérations des satellites Sentinel 3.

L'appareil est le septième satellite Sentinel de Copernicus à être mis sur orbite depuis avril 2014. Sentinel 3B rejoindra son frère jumeau Sentinel 3A, lancé en février 2016, à une altitude de 815 kilomètres de la Terre. Exploités par Eumetsat, ces deux satellites et les deux autres encore à lancer vont garantir la continuité des données jusqu'à la décennie 2030. C'est aussi tout l'enjeu de Copernicus, qui parie sur cette continuité des données et des temps de revisite très courts pour mieux comprendre le fonctionnement et l'avenir de la machine climatique.

Dans un premier temps, les deux satellites Sentinel 3 évolueront en formation rapprochée, à 30 secondes d'intervalle, sans aucun risque de collision entre les deux satellites. Une proximité nécessaire pour calibrer les instruments de Sentinel 3B sur ceux de Sentinel 3A.

Une fois cette tâche terminée, Sentinel 3B dérivera jusqu'à sa position définitive, avec un phasage de 140° par rapport à Sentinel 3A, formant ainsi la constellation complète Sentinel 3. Ce phasage de 140° a été choisi pour optimiser la couverture globale et assurer un échantillonnage optimisé des courants océaniques par la combinaison des altimètres à bord des deux Sentinel 3. 

Préparation de Sentinel 3B en vue de son installation dans le lanceur Rockot. © S. Corvaja, ESA

La réalisation du satellite

La mission confiée aux Sentinel 3 est sans aucun doute la plus complexe du programme Copernicus. Il faut savoir que les satellites embarquent deux charges utiles très différentes l'une de l'autre, composées de deux instruments optiques et deux instruments micro-ondes qui forment la charge utile topographique. Techniquement, la réalisation du satellite, construit par Thales Alenia Space, n'a pas été une mince affaire. Les architectes du satellite ont dû tenir compte d'un certain nombre de contraintes techniques et opérationnelles.

Les quatre instruments ont été installés dans un espace savamment optimisé pour qu'ils n'interfèrent pas et ne se gênent pas entre eux pendant leurs observations. À cela s'ajoute que l'orbite des Sentinel 3 a été choisie pour faciliter au mieux leur utilisation. Forcément, les compromis pris restreignent le retour scientifique de la mission, bien qu'ils soient sans commune mesure par rapport aux missions précédentes. Cela explique pourquoi les futurs Sentinel 3, ceux qui succéderont aux Sentinel C et D, seront scindés en deux avec un satellite embarquant la charge utile optique et l'autre la charge utile topographique, voire qui pourrait trouver sa place sur Sentinel 6.

Des données mises à disposition gratuitement 

La mission doit mesurer la température, la couleur et la hauteur de surface des océans ainsi que l'épaisseur des glaces de mer. Ces données serviront, par exemple, à suivre l'évolution du niveau des mers, de la pollution marine ou de la productivité biologique de l'écosystème marin. Les informations sur les terres émergées permettront quant à elles de suivre de près les incendies, de cartographier l'utilisation des sols, de fournir des indications sur l'état de la végétation et de mesurer la hauteur des cours d'eau et des lacs, en complément des données haute résolution provenant de la mission Sentinel 2.

Sentinel 3 est particulièrement intéressant car il est utile à de nombreuses activités dans différents domaines et pas seulement scientifiques. C'est d'ailleurs tout l'intérêt du programme Copernicus, dont les données ne sont pas seulement utilisées par la communauté scientifique. Celles-ci sont en effet également mises gratuitement à la disposition de tout un chacun. Libre ensuite aux entreprises, notamment aux start-up, de les utiliser pour fournir de nouvelles applications et de nouveaux services.

Comme pour Sentinel 3A, la durée de vie de ce nouveau Sentinel 3 est d'au moins 7,5 années. Cependant, Sentinel 3B embarque suffisamment de carburant pour fonctionner plus de 12 ans et pour se désorbiter à la fin de sa mission, afin de ne pas encombrer inutilement son orbite.

Après Sentinel 3B, l'Agence spatiale européenne a deux autres satellites d'observation de la Terre à lancer cette année : ADM-Aeolus, en août, un satellite inédit pour mesurer les vents, et Metop C, en septembre, un satellite chargé d'améliorer les prévisions météo mondiales et de surveiller le climat. Ces deux satellites seront lancés depuis le Centre spatial de Kourou, en Guyane.

  • Sentinel 3B est un satellite. Ce deuxième Sentinel 3 sera lancé pour garantir la continuité des données et des temps de revisite raccourcis.
  • Il s'agit d'une mission pour la surveillance des océans et des terres émergées.
  • Les données des satellites Sentinel sont mises gratuitement à la disposition des utilisateurs du monde entier.
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