Sciences

En vidéo : à la poursuite d'Ison, la comète venue trop près du Soleil

ActualitéClassé sous :Astronomie , comète , comète Ison

La comète Ison a défrayé la chronique entre octobre et décembre 2013, tenant en haleine les astronomes, amateurs et professionnels. Un documentaire de Discovery Science, à voir ce soir à 21 h 50, détaille cette traque et nous montre même comment... fabriquer une comète.

Comment fabriquer une comète  La recette pour fabriquer une comète : de gros glaçons, de la glace carbonique, de la matière organique (composée de carbone, donc) et du charbon. Des scientifiques montrent ainsi de quoi est composé un tel astre chevelu, pourquoi il nous paraît flou et pourquoi il perd sa matière près du Soleil. 

Voilà 10.000 ans environ, la comète Ison, alias C/2012 S1, qui tournait depuis des milliards d'années dans le nuage de Oort, à des dizaines de milliards de kilomètres de la Terre, s'est mise en route vers le Soleil. Une étoile passée trop près a peut-être bousculé ce nuage composé de petits corps très anciens, amas de glace et de poussières. Elle s'est mise à tomber vers le Soleil, selon une trajectoire très elliptique et a été repérée par les astronomes en 2012.

Ceux-ci ont alors calculé que le périhélie (point le plus proche du Soleil dans la course de la comète) serait situé à seulement 1,1 million de kilomètres de l'astre solaire, le 29 novembre 2013. Ison allait devenir visible à l'œil nu quand le rayonnement solaire allait commencer à faire s'évaporer la glace (d'eau et de dioxyde de carbone), ce qui produit la queue de ces astres passagers.

Les astronomes se sont mobilisés pour suivre la comète Ison lorsqu'elle a frôlé le Soleil, subissant un échauffement et de puissantes forces de marée dues à la forte gravité. © Discovery Science

La comète Ison, témoin de la naissance des planètes

Les astronomes amateurs n'étaient pas les seuls à attendre cette comète. Plusieurs grands instruments, comme Hubble et Gemini, l'ont alors suivie. Formée il y a 4,5 milliards d'années et peu modifiée depuis (car elle est restée dans cette sorte de congélateur qu'est le nuage de Oort), Ison porte en elle des poussières datant de la naissance du Système solaire. Les planètes telluriques, comme la Terre, se sont formées à partir de ce genre de composants, et notamment les molécules organiques (à base de carbone). Comment cet agrégat allait-il résister ?

Un documentaire de Discovery Science (Ison : la super-comète) fait revivre cette traque de la comète Ison. La comète est, pour nous, passée derrière le Soleil, justement pour le périhélie, mettant le suspense à son comble. Ce passage a été fatal à Ison, qui s'est désagrégée, poursuivant sa trajectoire sous forme de petits morceaux rapidement devenus invisibles. Elle n'était, comme nombre de comètes, qu'un agrégat sans cohésion, comme le montre Peter H. Schultz, dans cette expérience consistant à en fabriquer une. Posée sur le sol, la gravité lui donnerait l'allure d'un tas de terre.

La comète Ison suivie en time-lapse dans le champ du coronographe Lasco C3 de Soho avant et après le périhélie du 28 novembre 2013. © Soho, Esa, Nasa, montage photo de Martin Gembec