C'est une nouvelle découverte à mettre à l'actif d'un astronome amateur qui mobilise les planétologues. Un immense nuage d'altitude a été photographié sur la Planète rouge le 20 mars, sans qu'on sache vraiment comment il s'est formé.

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    Le 20 mars dernier, l'astronome américain Wayne Jaeschke a photographié un étonnant nuage d'altitude sur le bord de la Planète rouge. © W. Jaeschke

    Le 20 mars dernier, l'astronome américain Wayne Jaeschke a photographié un étonnant nuage d'altitude sur le bord de la Planète rouge. © W. Jaeschke

    • Découvrez la planète Mars en image 

    Après son passage au plus près de la Terre le 3 mars dernier, la quatrième planète du Système solaire s'est éloignée de nous dans le ciel et on pouvait penser que les astronomesastronomes amateurs allaient tourner leurs télescopes vers d'autres cibles célestes. Si nombreux sont ceux qui profitent actuellement du spectacle qu'offrent Jupiter et Vénus au crépuscule, quelques irréductibles armés de gros télescopes continuent cependant d'observer et de photographier la planète Mars. C'est le cas de l'Américain Wayne Jaeschke, l'heureux possesseur d'un télescope de 356 millimètres de diamètre. Le 20 mars dernier, il a découvert sur ses images un curieux nuagenuage sur le bord du disque martien qui semblait s'élever très haut dans l'atmosphèreatmosphère, au point que certains ont d'abord imaginé qu'il s'agissait d'un nuage de poussière soulevé par l'impact d'un petit astéroïde.

    On sait maintenant que ce ne devait pas être le cas, un nuage de ce type ne pouvant atteindre une telle altitude (plusieurs dizaines de kilomètres) sur Mars. L'idée d'une tempête de poussière est écartée pour la même raison, d'autant plus qu'aucune activité atmosphérique anormale n'a été relevée dans les heures précédentes. Depuis, astronomes amateurs et professionnels travaillent ensemble pour tenter de comprendre la nature de ce phénomène.

    Les astronomes qui observent la planète Mars sont habitués à y voir des tempêtes de poussière, comme ici sur la calotte polaire boréale en février 2010. © R. Morisan

    Les astronomes qui observent la planète Mars sont habitués à y voir des tempêtes de poussière, comme ici sur la calotte polaire boréale en février 2010. © R. Morisan

    Un phénomène rare mais pas exceptionnel

    Selon Bruce Cantor du Malin Space Science Systems, il pourrait s'agir d'une variété de nuage de glace d'eau comme on a pu en observer par le passé. La sonde américaine Mars Global Surveyor en avait photographié un en 2003 dans l'hémisphère nordhémisphère nord de la planète. Les planétologues restent tout de même perplexes en raison de la taille et de l'altitude du phénomène et n'hésitent pas à proposer d'autres hypothèses, comme l'illumination de nuages de haute altitude par une activité aurorale localisée suite aux récentes tempêtes solaires.

    Conçue pour photographier des détails au sol en haute résolutionrésolution comme un tourbillon de poussière ou les anciens atterrisseurs martiens, il est peu probable que la puissante caméra Hirise (High Resolution Imaging Science Experiment)) qui équipe MRO (Mars Reconnaissance OrbiterMars Reconnaissance Orbiter) puisse fournir plus de données sur cette formation atmosphérique. Mais la sonde Mars Odyssey pourrait bien y parvenir à l'aide de ThemisThemis (Thermal Emission Imaging System), une caméra haute résolution couplée à un spectromètre infrarouge. Les premiers essais se sont malheureusement révélés infructueux, sans doute parce que le nuage s'est déplacé. En attendant de nouveaux survolssurvols, les planétologues comptent donc particulièrement sur les observations menées depuis la Terre.

    La planète Mars revient ainsi sur le devant de la scène et les astronomes amateurs se frottent les mains, eux qui une nouvelle fois sont à l'origine d'une découverte sur une planète, comme cela s'est déjà produit sur Jupiter et Saturne.