L'opposition de la planète rouge mobilise astronomes professionnels et amateurs. Nous avons choisi aujourd'hui de vous proposer les images des seconds.
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Par les nuits glaciales de cet hiverhiver, quelques passionnés n'hésitent pas à passer plusieurs heures dehors à côté de leur télescopetélescope. Guettant la moindre période sans turbulenceturbulence atmosphérique, ils scrutent la surface martienne, profitant de l'opposition, et donc de la faible distance.

Les photographes utilisent des caméras (CCD ou webcamwebcam) pour réaliser des films de plusieurs milliers d'images et n'en conserveront que les meilleures pour les traiter. Les dessinateurs reportent sur des gabarits les plus petits détails entrevus. Voici le travail de quatre d'entre eux.

Une image saisie par un amateur éclairé. Crédits : C. Arsidi

Une image saisie par un amateur éclairé. Crédits : C. Arsidi

Christian Arsidi est un astrophotographe de renommée internationale. Sa passion pour le ciel remonte à l'époque des missions ApolloApollo. Grâce à sa formation de photographe, il s'est lancé dans l'imagerie planétaire il y a une douzaine d'années. Il travaille actuellement avec un télescope Schmidt-Cassegrain de 355 mm de diamètre. Il a collaboré à plusieurs ouvrages consacrés à la photographiephotographie lunaire.

Nous avons retenu cette image exceptionnelle prise le 18 janvier : on y voit, outre la calotte polairecalotte polaire boréale, de nombreuses brumesbrumes en haut et à droite sur le globe martien, mais surtout d'étonnants nuagesnuages circulaires : certains sont des nuages orographiques qui se forment lorsque l'airair se refroidit en essayant de franchir des obstacles élevés, comme les volcansvolcans. D'autres correspondent à la fragmentation d'un voile brumeux qui s'étend en croissant sur le bord gauche du globe.

Crédits : N. Biver

Crédits : N. Biver

Nicolas Biver est astrophysicienastrophysicien au LESIA (Observatoire de Paris), spécialisé dans l'étude des comètescomètes. Il est l'un des rares astronomesastronomes professionnels à poursuivre également des observations en amateur. Il utilise un télescope de 406 mm de diamètre destiné presque exclusivement à de l'observation visuelle. Les astrodessins de Nicolas Biver sont d'une exceptionnelle qualité, dans la digne lignée des grands astronomes dessinateurs du début du 20ème siècle comme C. Flammarion ou E. Antoniadi. Ces dessins rivalisent largement avec les meilleures images que réalisent les astrophotographes. En voici un qu'il a fait le 26 décembre et qui montre de très nombreuses formations martiennes. Ce dessin a nécessité une heure à l'oculaireoculaire du télescope pour capter tous les détails et les mettre sur le papier.

Crédits : R. Morisan

Crédits : R. Morisan

Richard Morisan, consultant dans l'industrie aéronautique et spatiale, est un autre astrophotographe qui cherche à tirer la quintessence d'un télescope de 20 centimètres, un diamètre très courant chez les amateurs. Sa patience et sa ténacitéténacité lui permettent d'assurer un suivi régulier de l'évolution des grands phénomènes martiens : fontefonte des calottes polaires, développement de brumes ou nuages et éventuellement de grandes tempêtestempêtes de sablesable.

Une belle vue de Mars capturée avec un instrument de débutant et une webcam. Crédits Apricot

Une belle vue de Mars capturée avec un instrument de débutant et une webcam. Crédits Apricot

Dans ce défi amical que se lancent les astrophotographes, l'image proposée par Apricot (dans cette discussion sur Futura-Sciences dédiée aux images martiennes) est stupéfiante : utilisant un petit télescope de seulement 127 mm de diamètre, un instrument souvent proposé aux débutants, et en y ajoutant une webcam, il est parvenu à réaliser cette vue de Mars déjà riche en détails le 29 janvier, jour de l'opposition.

Un résultat qui ne peut qu'encourager les astronomes amateurs à imager la planète rouge !