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En image : une fresque géante pour deux célèbres amas d'étoiles

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Les Hyades et les Pléiades sont les deux plus beaux amas stellaires de l'hémisphère boréal. Bien que séparés de près de 20 degrés, les voici réunis sur une spectaculaire image.

Grand champ dans la constellation du Taureau s'étendant de M 45 à l'amas des Hyades. © Rogelio Bernal Andreo

S'ils sont tous les deux observables dans la riche constellation du Taureau, les amas stellaires des Hyades et des Pléiades sont rarement photographiés ensemble en raison de leur écartement apparent équivalent à quarante fois la Pleine Lune. Les Hyades constituent l'amas ouvert le plus proche du Système solaire à 150 années-lumière. Vieux de 600 millions d'années, il est constitué d'un peu plus de 150 étoiles qui s'étalent sur une surface apparente de 4 degrés, d'où l'utilité d'utiliser le grand champ d'une paire de jumelles pour l'observer. Bien qu'elle semble faire partie de l'amas des Hyades, Aldébaran, l'étoile la plus brillante de la constellation (elle représente l'œil du taureau) est en réalité deux fois plus proche de nous.

L'histoire des Hyades est indissociablement liée à celle de la Relativité générale. Lorsqu'en 1911 Albert Einstein émit l'idée que la lumière pouvait être déviée quand elle passe à proximité d'un astre massif, il invita les astronomes à en apporter des preuves observationnelles. Ce fut fait huit ans plus tard. L'éclipse totale de Soleil du 29 mai 1919 ayant la particularité de se dérouler devant les Hyades, on photographia les étoiles visibles autour du Soleil lorsque la Lune le masqua complètement. En comparant la position des étoiles avec celle qu'elles occupaient sur des clichés pris en l'absence du Soleil, on constata une légère déviation des rayons lumineux des étoiles de l'amas, conforme aux prédictions d'Einstein.

Il y a trois ans une équipe d'astrophysiciens menée par Sylvie Vauclair a retrouvé à 130 années-lumière de l'amas des Hyades une étoile vagabonde qui s'en était échappée il y a longtemps. L'astre en question, Iota Hor, avait été trahi par ses oscillations.

L'amas des Pléiades, M 45, se distingue facilement sans instrument dans la constellation du Taureau. © J.-B. Feldmann

Féérie stellaire

L'amas des Pléiades, 45e objet du catalogue de l'astronome français Charles Messier, est sans aucun doute le plus célèbre des astérismes. Ses sept étoiles principales inspirèrent le poète grec Homère il y a plus de 27 siècles. M 45 constitue un rassemblement de plusieurs centaines d'astres tous très jeunes (ils ont entre 100 et 400 millions d'années) situés à 400 années-lumière, dont certains abritent des planètes en formation. L'un des plus beaux spectacles offerts aux astrophotographes est un rapprochement entre le Lune et les Pléiades, surtout quand il se produit avec un fin croissant accompagné de sa lumière cendrée.

Né en Espagne et installé aux États-Unis, Rogelio Bernal Andreo est un astrophotographe mondialement connu pour la qualité des images astronomiques qu'il réalise. Spécialiste des grandes fresques célestes, il n'hésite pas à assembler entre eux plusieurs dizaines de clichés. C'est ainsi qu'il était parvenu l'an passé à révéler les superbes couleurs d'un coin de Voie lactée entre les constellations du Scorpion et d'Ophiuchus.

Un autre grand champ montrant la célèbre constellation d'Orion lui avait également valu de figurer parmi les lauréats du concours de photographie astronomique 2010. L'image ci-dessous (un assemblage de 12 clichés) permet d'admirer les étoiles de M 45 dans leurs draperies bleutées à gauche, tandis qu'à l'autre extrémité du tableau l'éclat jaunâtre d'Aldébaran nous indique l'emplacement des Hyades. De nombreux nuages de poussière parsèment le champ et masquent plus ou moins les étoiles.

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