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Les trois phases du programme lunaire chinois

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Le succès de la mission Chang'e-1 ravive l'intérêt pour la poursuite du programme lunaire chinois. Une suite de projets sur lesquels les autorités ne sont pas avares de renseignements, tout en faisant preuve d'un réalisme très scientifique.

Le lancement de Chang'e-1 le 24 octobre 2007. Crédit Xinhua

Le programme choisi par la Chine se décline en trois phases essentielles dont la première est déjà en cours de réalisation, les autres ayant été définies avec plus ou moins de détails, les ingénieurs faisant preuve d'une prudence dont semble se dégager un réel souci d'efficacité et de professionnalisme.

Première phase : repérer le terrain

Le lancement de Chang'e-1 constitue le début de la première phase d'exploration. La sonde a été baptisée du nom d'une déesse qui s'envola vers la Lune dans un ancien conte chinois. D'une masse de 2.300 kg au départ de la Terre, propergols compris, Chang'e-1 s'inscrira en orbite lunaire de 200 kilomètres d'altitude le 5 novembre 2007 et restera opérationnelle durant au moins une année.

Le but principal de cette mission est d'abord exploratoire. En effet, il s'agit avant tout de préparer le terrain en vue de la phase suivante, qui prévoit l'atterrissage d'engins automatiques. A l'aide de huit équipements spécifiques, dont un imageur en trois dimensions, un interféromètre, un spectromètre en rayonnement X et gamma, un altimètre laser, un détecteur de micro-ondes, un détecteur de particules solaires de forte intensité et le détecteur d'ions à faible intensité, elle réalisera une étude très complète de régions entières, notamment à proximité des pôles.

Elle réalisera aussi l'analyse de la concentration et de la répartition de 14 éléments naturels potentiellement exploitables, comme l'hélium-3, isotope non radioactif de l'hélium et qui peut être utilisé pour l'énergie nucléaire.

Deuxième phase : lancer des robots explorateurs

Cette étape est axée sur l'arrivée des premiers engins automatiques chinois à la surface de la Lune. Annoncée pour 2012, elle surprend par sa précocité car les Chinois ont annoncé avoir éliminé l'étape du simple atterrisseur statique pour envoyer directement un robot d'exploration mobile. Cela amène des problèmes à résoudre autrement complexes, sachant que le moindre gramme sur la Lune augmente la masse totale à arracher de l'attraction terrestre.

Les objectifs scientifiques sont autrement plus vastes que ceux de la première phase, et comprennent une étude tectonique et de la structure interne des zones prospectées qui se situent en complément des programmes scientifiques entamés depuis l'orbite. Des observations astronomiques sont aussi projetées, sans autre détail pour l'instant.

La Chine n'a toutefois pas encore précisé si le véhicule lunaire robotisé ferait partie d'un complexe plus important dont une partie resterait en orbite, ou si elle ferait partie intégrante d'un atterrisseur. Il se peut toutefois que la décision n'ait pas encore été prise.

Troisième phase : ramener des roches lunaires

La mission programmée pour 2017 prévoit le retour sur Terre d'échantillons de sol lunaire. Ceux-ci ne seront pas récollectés au hasard, mais préalablement analysés à bord de l'atterrisseur afin de ne ramener que les plus intéressants.

Là non plus, il ne s'agira pas d'un atterrisseur statique, mais bien d'un rover. Sa mission ne se clôturera d'ailleurs pas avec le départ de la capsule de retour des échantillons. Le robot coninuera son activité d'exploration des environs.

Un Chinois sur la Lune

L'envoi d'hommes sur la Lune n'est actuellement pas à l'ordre du jour, tant la complexité paraît  grande. La Commission des technologies scientifiques et de l'industrie pour la défense nationale a annoncé par la voix de son sous-directeur, Sun Laiyan, que la Chine est encore loin de pouvoir envoyer un homme sur la Lune. "Nous ne possédons pas la technologie pour l'instant, et nous ne pouvons pas résoudre ces problèmes sur une courte période" a-t-il précisé, ajoutant que "des recherches scientifiques auront lieu grâce à l'approfondissement des explorations lunaires de la Chine".

Luan Enjie, commandant en chef du projet de la sonde lunaire chinoise, déclare : "Un alunissage habité est un projet posant de grandes difficultés, d'importants risques et nécessitant de grands investissements. Une approche trop carrée n'est pas le meilleur moyen d'y arriver".

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