Le quartier général de SpaceX avec sa salle de contrôle à Hawthorne, en Californie. La société a mis notamment le développement d’un lanceur lourd et le vol habité à son programme pour 2014. © SpaceX

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SpaceX : les objectifs et ambitions pour 2014

ActualitéClassé sous :Astronautique , SpaceX , Falcon 9 V1.1

En 2014, SpaceX affiche quatre grands objectifs. La société souhaite obtenir la certification de l'armée américaine pour lancer ses satellites et casser le monopole de United Launch Alliance. De plus, SpaceX veut avancer significativement sur son programme de réutilisabilité et rester dans la course pour la fourniture à la Nasa d'un service de transport habité à destination de la Station spatiale internationale.

D'une année sur l'autre, les objectifs annoncés par SpaceX restent ambitieux. L'année 2014 n'échappe pas à cette règle, et même, par rapport aux années précédentes, elle pourrait bien être celle de la montée en puissance de cette société privée.

Après l'entrée en service réussie du Falcon 9 v1.1 et le succès du lancement du satellite SES-8 sur une orbite de transfert géostationnaire, SpaceX veut lancer un Falcon 9 chaque mois et réaliser un vol d'essai de son futur lanceur lourd ! Un pari très osé qui sera difficile à tenir. Néanmoins, la société devrait être capable de faire mieux que les années précédentes, où un maximum de trois lancements était réalisé.

Vue d'artiste du Falcon Heavy, le lanceur lourd en projet de SpaceX, avec les 27 moteurs de son premier étage. © SpaceX

Un lanceur avec 28 moteurs

Cette version lourde, baptisée Falcon Heavy, a deux étages et comprend 28 moteurs, dont 27 pour le seul premier étage (trois étages de Falcon 9 v1.1 accolés) et un pour l'étage supérieur. En théorie, ce Falcon peut soulever et amener en orbite basse 53 tonnes. Il s'agirait donc du lanceur le plus lourd au monde, sans aucun rival en développement.

Autre grand chantier, le développement de technologies pour récupérer et réutiliser le premier étage du lanceur Falcon 9. SpaceX justifie son choix par la nécessité de baisser le coût de l'accès à l'espace, alors que tous les autres opérateurs de lanceurs se sont éloignés de cette voie, la jugeant trop hasardeuse sur le plan économique. En Europe, les études exploratoires ont montré que les lanceurs réutilisables ou partiellement réutilisables étaient un non-sens économique et un véritable casse-tête logistique. L'idée de récupérer les boosters à poudre d'Ariane 5 a également rapidement été abandonnée.

Essai du prototype Grasshopper d'étage réutilisable. En octobre 2013, Grasshopper a atteint 744 mètres d’altitude avant de redescendre et de se poser à la verticale. © SpaceX

SpaceX fait le pari de la réutilisabilité

Certes, SpaceX a un besoin urgent de réduire les coûts de ses lancements, qui sont vendus à perte pour l'instant. Mais ce qui tracasse le plus la société, c'est qu'elle pourrait se trouver à court de lanceurs. En effet, le Falcon 9 utilise pas moins de dix moteurs Merlin 1D. Or, compte tenu des engagements auprès du gouvernement des États-Unis et du stock de satellites que la société doit lancer, plus d'une dizaine de lancements seront nécessaires ces prochaines années. En d'autres termes, SpaceX a besoin de plus de 100 moteurs par an, et l'industrie qui les construit ne peut pas en produire plus. Cette situation de limite de capacités induit la nécessité de récupérer le plus de moteurs possible.

Enfin, SpaceX est toujours en course pour la fourniture d'un système de transport habité à destination de la Station spatiale internationale. La Nasa, qui a décidé de se tourner vers le secteur privé pour la desserte de l'ISS que ce soit pour du fret ou du transport de passagers, a mis en place un partenariat public-privé pour organiser une compétition entre les firmes qui prétendent à ce service. Pour rappel, dans le cadre de ce partenariat, la Nasa finance la mise au point de ces systèmes de transport lorsque les étapes de développement préalablement définies sont franchies.

Le Falcon 9 et la version habitable de la capsule Dragon de SpaceX sont donc en compétition avec Boeing et sa capsule CST-100 et avec la mininavette Dream Chaser de Sierra Nevada, qui utiliseront le même lanceur, à savoir une Atlas V de United Launch Alliance. Une version qualifiée pour le vol habité de l'Atlas V est en cours de développement. L'avenir de ces trois programmes se jouera cet été, quand la Nasa en sélectionnera deux qu'elle continuera de financer.

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