Ce trou dans une roche du site d'Orcadie Lake, sur Mars, a permis de vérifier que la nouvelle méthode d'utilisation du foret de Curiosity fonctionnait très bien. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS

Sciences

Sur Mars, Curiosity tente une nouvelle façon d'utiliser sa foreuse

ActualitéClassé sous :Astronautique , Curiosity , rover

Alors que, sur Mars, Curiosity arrive sur les strates d'argiles du cratère Gale, l'objectif numéro un de la mission, la Nasa vient d'annoncer que le rover était de nouveau en capacité de forer le sol martien. Le forage est utilisé pour pulvériser des échantillons de roche en poudre afin qu'ils soient analysés.

Si les rovers martiens de la Nasa nous ont habitués à des records de longévité, ce n'est pas sans mal. Ainsi, Curiosity, dont les objectifs initiaux de fonctionnement ont été largement dépassés, a des roues mal en point et son foret n'est plus utilisé depuis fin 2016 en raison d'une panne mécanique... Toutefois, la Nasa a testé sur Terre une nouvelle façon de percer des trous sur Mars et celle-ci semble convaincante. Cela tombe bien, Curiosity arrivera bientôt sur un site qui lui permettra peut-être de découvrir des molécules organiques. Les échantillons de roche en poudre seront analysés par SAM (Sample Analysis at Mars) et Chemin (Chemistry & Mineralogy), deux mini-laboratoires embarqués dans Curiosity.

Il faut savoir que, depuis la fin 2016, la foreuse de Curiosity ne fonctionnait plus. Après avoir foré la roche martienne à quinze reprises pour y prélever des échantillons, une panne d'un moteur empêchait en effet le foret de se rétracter et de sortir de son logement entre ses stabilisateurs. Depuis la découverte de cette panne, les responsables de la mission avaient préféré poursuivre l'exploration du site plutôt que de risquer de paralyser le rover lors d'une tentative de forage.

Entre-temps, les équipes de Curiosity et celles du JPL, qui dispose d'un rover identique à Curiosity, se sont affairées à mettre au point une autre méthode de forage. Elles sont parvenues à une méthode alternative qui, certes, ne règle pas le problème de la rétractation du foret mais permet de faire fonctionner celui-ci quasi normalement. Cette méthode consiste à utiliser un capteur de force, à l'origine utilisé pour prévenir l'ordinateur de bord en cas de choc violent, pour garder la foreuse dans le même axe.

Essai de la nouvelle méthode d'utilisation de la foreuse de Curiosity sur le rover jumeau, resté sur Terre. © Nasa

Améliorer la précision du forage 

Le 26 février, Curiosity a creusé un trou d'un centimètre de profondeur dans une roche d'Orcadie Lake. Certes, la profondeur atteinte n'est pas suffisante pour collecter un échantillon, mais elle a suffi à valider cette nouvelle méthode de fonctionnement. Ce test sera suivi d'autres qui serviront à améliorer la précision du forage. Une nouvelle technique de distribution des échantillons sera ainsi testée : elle consiste à secouer la mèche de la foreuse au-dessus des instruments jusqu'à ce que suffisamment de poussière y retombe.

Cette nouvelle technique mise au point, rendue nécessaire par la nouvelle façon d'utiliser le foret du rover, a néanmoins un gros inconvénient : elle ne permet pas d'accéder à l'instrument Chimra qui sépare, par tamis, les grains en deux catégories, ceux de moins de 1 mm de ceux de moins de 150 µm, avant qu'ils ne soient transmis aux laboratoires SAM et Chemin.

  • Curiosity est de nouveau capable de creuser dans la roche martienne.
  • Bien que la foreuse dysfonctionne, la Nasa a mis au point une nouvelle méthode d'utilisation.
  • Curiosity se dirige vers un petit dépôt d'argile formé à une époque où l'eau liquide existait à la surface de Mars. Percer la roche pourrait révéler des molécules organiques.
Pour en savoir plus

La foreuse de Curiosity s'attaque à la roche martienne

Article de Rémy Decourt publié le 08/02/2013

Forer le sol de Mars, les planétologues en rêvent : Curiosity est sur le point de le faire. Après une série de tests de la foreuse du rover, la Nasa devrait donner son feu vert au forage de la roche martienne d'ici quelques jours. Ce sera la première fois qu'un robot perce le sol de cette planète et en prélève des échantillons pour les analyser sur place.

Six mois après son atterrissage sur Mars, le bilan scientifique du rover Curiosity de la Nasa peut d'ores et déjà être qualifié de remarquable. Parmi les faits les plus marquants, on citera ses observations sur la présence passée d'eau à l’état liquide, en grande quantité et sur une longue période. De nombreuses données suggèrent également que la Planète rouge pourrait avoir abrité la vie.

Un seul des dix instruments de la sonde Curiosity n'avait pas encore été utilisé : la foreuse. Située à l'extrémité du bras, elle peut creuser un trou profond de 5 cm et large d'environ 1,5 cm. La surface martienne est constamment balayée par le rayonnement UV du Soleil, de sorte qu'aucun organisme ne peut y survivre très longtemps ni s'y développer. Peut-être pourrait-on trouver des choses intéressantes dans le sous-sol ?

Cependant, en raison de la faible profondeur de forage, les chercheurs ne s'attendent pas à des découvertes majeures. Il s'agit surtout d'une première approche, avant de lancer d'autres rovers qui devraient forer plus profondément, comme l'ExoMars européen dont le lancement est prévu en 2018 et qui pourrait aller jusqu'à deux mètres sous la surface.

Doté d'une force de 240 à 300 newtons, le foret peut tourner à une vitesse maximale de 150 tours par minute ou fonctionner en percussion, à raison de 1.800 coups par minute, avec une énergie de 0,4 à 0,8 joule. © Nasa, JPL

Curiosity devrait forer la roche à Yellowknife Bay

Depuis plusieurs jours déjà, Curiosity procède à des tests. Il s'agit de prévenir les risques, la foreuse ayant déjà connu quelques déboires par le passé. Les essais effectués permettent aux ingénieurs de vérifier si la force exercée sur le foret correspond aux modèles, mais aussi et surtout d'estimer l'éventuel effet de l'amplitude thermique entre le jour et la nuit aurait une incidence technique, au cas où le forage devait durer longtemps. Comme le souligne l'un des chercheurs de Curiosity, « forer n'a jamais été fait auparavant et nous ne serons pas surpris si tout ne se passe pas comme prévu ».

Quant à la roche qui va être forée, elle a été déterminée voilà quelques semaines. Nommée John Klein, elle appartient à un socle rocheux situé dans une dépression peu profonde appelée Yellowknife Bay, zone que Curiosity a déjà parcourue.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour.

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !

Cela vous intéressera aussi