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Dans un contexte de crise, la Nasa pourrait obtenir un bon budget

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Si le Congrès et la Maison Blanche ne parviennent pas à un accord sur un budget satisfaisant les deux camps, une série de réductions des dépenses s'appliquerait automatiquement, surtout concernant la Défense, comme il en avait été décidé en décembre 2011. Dans ce contexte, la Nasa pourrait voir son budget amputé de plusieurs centaines de millions de dollars.

Vue d’artiste du CST-100, un véhicule spatial pour le transport d’astronautes par Boeing et Bigelow Aerospace. Dans le cadre de son budget pour l’année fiscale 2013, la Nasa n'obtient pas le financement demandé pour son partenariat public-privé. Si cela ne remet pas en cause sa stratégie de confier la desserte de l'ISS au secteur privé, cette révision à la baisse va vraisemblablement reporter l'ouverture de ce service commercial. © Boeing

En l'absence d'accord sur le budget fédéral pour l'année fiscale 2013 entre les partis républicain et démocrate, le chèque qu'obtiendra la Nasa risque d'être en deçà de ses demandes. Si la ceinture est effectivement serrée d'un cran, les vols habités privés à destination de la Station spatiale internationale seront vraisemblablement reportés d'une, voire deux années. Un coup dur pour la Nasa, qui souhaite au plus vite ne plus dépendre de la Russie pour acheminer ses astronautes à bord de l'ISS.

Si aucun accord est trouvé, en effet, la Nasa devrait obtenir un budget de 17,7 milliards de dollars pour l'année fiscale 2013, soit 726 millions de dollars en moins par rapport à ce qui a été demandé. En fait, dans un contexte de réduction des dépenses publiques, l'agence américaine s'en sort plutôt bien. Ce budget représente moins de 0,5 % des dépenses fédérales des États-Unis, et les objectifs de long terme du président Obama sont toujours d'actualité, à savoir une mission habitée sur un astéroïde et l'envoi d'un équipage à proximité de Mars à l'horizon 2030.

Financement moindre pour le transport spatial privé ?

La plus grande partie de cette réduction (441,6 millions de dollars) concerne le financement des entreprises en course pour la fourniture d'un système de transport spatial privé habité à destination de l'ISS. En février 2012, la Nasa lançait l'appel d'offres de mise en œuvre des technologies en vue des missions commerciales de transport d'astronautes, sous l'appellation d'initiative CCICap (Commercial Crew Integrated Capability), alias CCDev-3. S'en est suivie le 3 août la sélection des projets de SpaceX, Boeing et Sierra Nevada destinés à développer un système de transport spatial habité, qui doit remplacer la navette et mettre fin au monopole du Soyouz russe.

En conséquence, la Nasa, qui finance les trois sociétés en fonction de l'état d'avancement de leurs projets respectifs, ne sera pas en mesure de financer les étapes prévues ces prochains mois. Résultat : la disponibilité de ces services commerciaux risque d'être reportée dans des délais difficiles à déterminer. Initialement prévus avant 2015, ils ne sont pas attendus avant 2017 au mieux. Une situation qui va prolonger la dépendance des États-Unis aux capacités de lancement de la Russie.

Malgré un budget serré, la Nasa conserve les projets de long terme chers à Barack Obama, comme l’envoi d’une mission habité vers Mars d’ici 2030. © John Frassanito & associés, 2003

Les programmes scientifiques de la Nasa préservés

Les autres domaines d'activité concernés par cette réduction budgétaire sont la science spatiale et l'observation de la Terre. Cependant, et compte tenu des sommes en moins, ces deux grandes priorités de la Nasa ne sont affectées qu'à la marge, avec au pire des reports de lancement. Aucune annulation de programme n'est prévue.

L'autre point noir concerne le budget des technologies spatiales, sévèrement impacté. Avec une réduction de 149,4 millions de dollars, pour un budget de 699 millions de dollars, la Nasa n'a pas d'autre choix que d'annuler des programmes, dont certains mettent en jeu des concepts novateurs, voire audacieux.

Sont ainsi abandonnés les projets d'horloge atomique, de protection contre les radiations, de bouclier thermique (dont un gonflable) ou encore de systèmes utilisant la propulsion nucléaire. Quant au projet de démonstrateur de transfert d'ergols en orbite (une nécessité, car les plans à long terme de la Nasa prévoient des dépôts de carburant dans l'espace), il est retardé.

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