Connu sous le nom de Shen Long, cet avion spatial chinois, que l'on voit ici installé sous le fuselage de son avion porteur, met en œuvre des technologies qui pourraient servir à des vols spatiaux mais aussi pour d'autres utilisations. La Chine planche en effet sur des avions capables de voler à plus de Mach 10, susceptibles de relier n'importe quels points du globe en quelques heures. © DR

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L'avion spatial chinois Shen Long : une réponse au X-37B américain

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La mission réussie de la mininavette américaine X-37B laisse perplexes les responsables russes et chinois, tant les objectifs de ce programme sont flous. Si les Américains définissent leur engin comme un démonstrateur de technologies pour l'accès à l'espace, Russes et Chinois n'écartent pas la possibilité d'une orientation militaire.

Officiellement, l'avion spatial américain X-37B est présenté comme un démonstrateur de technologies liées à l'accès à l’espace et de nouveaux capteurs pour une utilisation sur de futurs satellites espions, mais ses objectifs restent vagues. X-37B est doté d'une soute (impossible de savoir ce qui sera largué ou récupéré une fois en orbite) et peut être lancé en toute discrétion, sous la coiffe d'un lanceur. Face à une éventuelle utilisation militaire, si les Russes en sont au stade des menaces verbales, les Chinois ont eux un prototype en préparation depuis plusieurs années, qui devrait réaliser un vol d'essai orbital d'ici quelques années.

Lors de son vol d'essai, le profil de la mission de l'X-37B s'est apparenté à celui d'un satellite espion avec des temps de revisite très courts. Pour ce que l'on sait, il a effectué des passages répétés au-dessus de pays sensibles comme l'Irak, l'Afghanistan, l'Iran et la Corée du Nord. Il s'est même approché de la Station spatiale sans que l'on sache à quelle distance, ni si ses occupants ont pu le voir. Enfin, son retour sur Terre s'est déroulé de nuit de façon à ne pas montrer son angle d'entrée.

Une fusée aéroportée chinoise

Ce programme qui trouve ses origines au début des années 2000 est étroitement surveillé par la Chine qui n'a pas attendu le vol inaugural de 2010 pour réfléchir à un engin similaire. Le projet d'avion spatial chinois commence en 2000 avec les premières études théoriques qui débouchent sur une revue de définition et de conception en 2005. Un premier vol d'essai est réalisé à la fin 2007 mais l'engin ne s'aventure pas dans l'espace. À l'époque, une tentative de vol orbital était prévue en 2010.

Quant à ses performances, il est difficile de se prononcer tant le projet est confidentiel. Seule différence notable par rapport à son homologue américain, il est lancé par un avion, comme le sont les fusées Pegasus d’Orbital Sciences. Pour faire bonne figure, la Chine rappelle que ses ambitions initiales visaient la maîtrise de technologies pour des avions commerciaux capables de voler à des vitesses au-delà de Mach 10, la militarisation du programme ayant ensuite été motivée en réponse aux avancées américaines.

Des avancées significatives

Reste que la mise au point de cet engin nécessite des progrès technologiques significatifs au premier rang desquels figurent la possibilité de réutilisations, la propulsion, l'aérodynamique et la protection thermique.  Et nul ne sait où en sont les Chinois dans ces domaines. Ce retard pourrait être mis sur le compte de choix technologiques qui diffèrent de ceux utilisés sur le X-37B. On suppose que le système de propulsion et que les matériaux de la protection thermique répondent à des exigences aérodynamiques et de vitesses différentes de celles de l'X-37B car l'avion chinois pourrait décoller comme un avion s'il n'est pas aéroporté.

Il est tout de même raisonnable de penser que ces progrès sont plus avancés que ce que pensent les services de renseignement occidentaux. Le dernier exemple en date est révélateur de la montée en puissance de la Chine : elle a fait voler son avion furtif bien plus tôt que ce qu'avaient prévu certains experts. Ce vol de bombardier biréacteur a été réalisé lors de la visite en début d'année du secrétaire américain à la Défense Robert Gates qui venait s'entretenir avec le président chinois Hu Jintao au sujet de la coopération militaire entre les deux grandes puissances.

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