Tout a une fin. Après seize années de bons services, le satellite environnemental de l'Esa ERS-2 arrive en fin de vie. Pour éviter qu'il devienne un objet incontrôlable, l'Esa a décidé de le désorbiter pendant qu'il est encore temps ! © Esa

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L'Agence spatiale européenne désorbite ERS-2

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Après plus de seize années autour de la Terre et près de 85.000 orbites, le satellite environnemental ERS-2 de l'Agence spatiale européenne va être désorbité pour éviter tout risque de collision avec un autre satellite. Le risque de perdre son contrôle devenait trop important.

Les responsables de la mission ERS-2 ont pris la décision de désorbiter leur satellite en raison de la baisse des réserves de carburant, qui augmentait le risque d'en perdre le contrôle. La décision évitera qu'il devienne un objet inerte et encombre son orbite avec le risque d'entrer en collision avec des satellites et autres débris spatiaux.

L'Agence spatiale européenne a commencé aujourd'hui (6 juillet) les opérations de désorbitation. Plusieurs semaines seront nécessaires pour amener le satellite sur une orbite de dégagement de façon à ce qu'il ne présente plus aucun risque pour d'autres satellites. Cette procédure sera réalisée depuis le Centre des opérations spatiales de l'Esa, en Allemagne. ERS-2 sera progressivement descendu de plusieurs centaines de kilomètres pour être amené à 576 kilomètres d'altitude où le risque de collision est minime.

Depuis seize ans ERS-2 surveille la Terre et a fourni des données remarquables sur l’état de la planète et la machine climatique. © Esa

Un héritage scientifique immense

Il sera alors passivé et considéré comme un débris spatial. Sur cette nouvelle orbite, ERS-2 sera soumis à des frottements plus importants et perdra progressivement de l'altitude pour se désintégrer dans l'atmosphère dans environ vingt-cinq ans, conformément au Code de conduite européen sur les débris spatiaux. En effet, depuis 2002, l'IADC, (Inter Agency Space Debris Coordination Committee) recommande de prévoir, pour tout satellite en orbite basse, un retour dans l'atmosphère en moins de vingt-cinq ans (contre quelques centaines d'années avant cette décision).

Le programme ERS est une des grandes réussites de l'Agence spatiale européenne dans le domaine de l'observation de la Terre. ERS-2 a été lancé par une Ariane 4 pour succéder à ERS-1, première mission européenne de télédétection (1991). À l'époque, ces deux satellites, construits par Astrium, étaient ce qui se faisait de mieux en Europe en matière d'observation de la Terre et ont préfiguré la plateforme environnementale qui allait être autrement plus complexe à désorbiter en raison de sa taille (25 m × 7 m × 10 m, panneaux solaires et instruments déployés).

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