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Les risques de collision dans l’espace augmentent au fil du temps...

ActualitéClassé sous :Astronautique , climatologie , atmosphère

Le réchauffement climatique réduit la densité de la partie supérieure de l'atmosphère, diminuant le frottement sur les satellites et sur les débris spatiaux. L'augmentation est significative et a déjà été constatée. Des mesures pour éviter les collisions commencent à être prises.

Desnité des objets en orbite basse (LEO). Pour comprendre les risques, il faut savoir que sur un an, la probabilité que la Station spatiale soit percutée par un objet inférieur à 0,1 mm est de 1... Pour une taille de débris plus grande mais inférieure à 1 mm, elle n'est plus que 0,01. Crédit Nasa

Quand l'atmosphère se réchauffe, la densité de ses couches supérieures diminue. A 300 kilomètres d'altitude, elle s'amenuise d'environ 5% chaque décennie, estiment deux scientifiques de l'université de Southampton, Hugh Lewis et Graham Swinerd. Moins freinés, les satellites mais aussi les débris orbitaux vont donc rester plus longtemps en orbite. L'allongement serait de 25% ! En témoigne le suivi de 30 satellites au cours des 40 dernières années.

Ce problème est pris très aux sérieux par les représentants des Agences spatiales qui se réunissent régulièrement pour légiférer sur cette question au sein du Bureau des affaires spatiales de l'Onu en charge de l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique. Les Etats-Unis, qui viennent de dévoiler leur nouvelle politique spatiale, ont également annoncé un plan de partage d'informations avec d'autres pays afin d'éviter et de prévenir tout risque de collision en orbite.

Reste qu'à ce jour il n'existe aucune loi relative à la non prolifération des débris orbitaux et aucune solution miracle. Des actions peuvent néanmoins être prises. Elles sont au nombre de quatre : l'évitement, pour empêcher une collision ; la protection des satellites, pour atténuer l'effet d'un impact ; le nettoyage de l'espace, pour diminuer le nombre de débris ; la prévention, l'action la plus importante, pour éviter de générer de nouveaux débris.

Le monde doit apprendre à vivre avec

Les missions envisagées pour nettoyer l'orbite basse sont évidemment utopiques. Toutefois, des missions ciblées en fonction de leur intérêt économique se justifient. Il faut savoir que certains satellites sont déviés de leur trajectoire plusieurs fois par an pour éviter la collision avec le même débris ! Evaluée entre 5 et 30 millions d'euros ce type de mission pourrait être financé par l'opérateur du satellite concerné.

Aujourd'hui, la durée de vie d'un débris dépend de sa position au-dessus de la Terre. Pour ceux situés sur des orbites très basses, c'est-à-dire avec un apogée inférieur à 300 kilomètres, le nettoyage est rapide, au contraire de ceux situés plus haut (périgée supérieur à 600 kilomètres). Ainsi, un satellite espion situé à quelque 200 kilomètres d'altitude retombera naturellement sur Terre au bout de... 3 jours contre quelques millions d'années pour un satellite en orbite géostationnaire (environ 36.000 km). Entre ces deux extrêmes, Hubble, qui évolue à 600 kilomètres mettra 10 ans à retomber et le composite supérieur d'Ariane 5 ECA près de 60 ans.

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