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La surveillance des astéroïdes en manque de moyens

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On estime qu'environ 20.000 corps (astéroïdes ou comètes) menacent la Terre. Malgré le programme de surveillance mis en place par la Nasa, moins de 30% sont aujourd'hui bien connus et les plus petits - qui peuvent tout de même atteindre cent mètres - restent à peu près invisibles. Un rapport vient de dresser un bilan de ce programme et fait des recommandations.

Distribution des astéroïdes connus. Conrtairement à ce que laisse à penser cette figure, l'espace n'est pas aussi rempli ! Crédit Scott Manley (Armagh Observatory)

En 2005, le Congrès américain a demandé à la Nasa qu'elle réalise un recensement aussi complet que possible des objets potentiellement dangereux pour la Terre. L'objectif était de découvrir, caractériser (au sens de déterminer les caractéristiques de structure et d'orbite), cataloguer et suivre d'ici à 2020 jusqu'à 90% des NEO (Near Earth Objectsobjets proches de la Terre) de plus de 140 mètres de diamètre. On appelle aussi géocroiseurs ces corps dont l'orbite coupe celle de notre planète.

Quatre millions de dollars sont alloués chaque année à cette tâche. Cette somme est bien insuffisante, comme le dénonce un rapport du Conseil national de la recherche des Etats-Unis (NRC). A ce jour, très peu de ces objets ont été recensés. La Nasa estime qu'environ 20.000 astéroïdes et comètes de notre Système solaire représentent une menace potentielle. Seuls 6.000 de ces géocroiseurs au diamètre supérieur à 150 m ont été caractérisés. Quant aux astéroïdes plus petits, ceux de 10 à moins de 100 mètres de diamètre, leur détection est pour ainsi dire impossible avec les programmes de surveillance actuels. Très peu d'entre eux sont donc catalogués.

Il y a quelques semaines, l'explosion d’un astéroïde d'une dizaine de mètres au-dessus de l'Indonésie nous a rappelé que si les gouvernements des pays riches n'investissent pas plus dans la surveillance du ciel et le recensement de ces objets, la Terre risque d'être frappée par surprise avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour l'homme et son écosystème.

Malgré la bonne volonté des agences spatiales et sans un effort financier important évalué à plusieurs milliards de dollars, il n'est pas raisonnable de penser que l'on soit capable de recenser tous les objets potentiellement dangereux. Une des solutions serait qu'un des grands pays de la planète ou une organisation internationale prenne l'initiative d'élaborer une stratégie mondiale et coordonnée visant à réaliser une surveillance quotidienne du ciel.

Il y a 65 millions, la chute d’un astéroïde dans le Golfe du Mexique a engendré un cataclysme planétaire en accélérant la disparition des dinosaures et provoquant la disparition de 70% de toute vie terrestre.

Les petits objets plus destructeurs qu'on ne le pensait

Conscients que les impacts ont été très fréquents au moment de la formation du Système solaire et qu'ils sont devenus beaucoup plus rares aujourd'hui, les scientifiques sont unanimes pour dire que les chances que la Terre soit frappée ne sont pas nulles. Et de rappeler que si un astéroïde de la taille de celui qui a atterri dans le Golfe du Mexique il y a 65 millions d'années percute la planète tous les 100 millions d'années, on estime qu'il tombe un objet de 1 km tous les 300.000 ans, 1 de 500 m tous les 100.000 ans et 1 de 100 m tous les 1.000 ans.

Pour permettre à la Nasa de réaliser les objectifs édictés par le Congrès américain, le NRC recommande deux approches différentes selon que l'on donne la priorité aux respects des délais ou que l'on s'en tient à un budget étriqué. Concrètement, il recommande de fournir à la Nasa un télescope spatial qui fonctionnera en complément des moyens au sol existants ou de poursuivre le travail réalisé aujourd'hui avec les instruments terrestres. Il recommande également que la Nasa soit en mesure de suivre les objets plus petits, ceux dont le diamètre est compris entre 30 et 50 mètres. Les études les plus récentes suggèrent que les objets de cette taille sont bien plus destructeurs qu'on ne le pensait. Cette recherche ne doit pas interférer avec les objectifs fixés par le Congrès, ce qui implique un financement supplémentaire.

Enfin, ce rapport préconise que des mesures soient prises pour assurer le fonctionnement en continu de l'Observatoire d'Arecibo à Porto Rico et qu'une des antennes principales du réseau de l'espace profond de la Nasa, située à Goldstone dans le désert de Mojave (Californie) soit utilisée non pas pour les découvrir mais pour caractériser ceux dont l'existence est connue.

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