Initialement, l'Agence spatiale européenne prévoyait de lancer la sonde Bepi Colombo vers Mercure au moyen d'un lanceur Soyouz depuis la Guyane. Mais les retards pris dans son installation (le premier vol aura lieu le 20 octobre) ont contraint à utiliser une Ariane 5ECA, plus coûteuse. © Arianespace/Esa/Cnes & Service optique et vidéo du CSG

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En 2014, Arianespace lancera une sonde vers Mercure

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Arianespace a été choisie pour lancer la sonde Bepi Colombo à destination de Mercure. Après Mariner 10 en 1974 et Messenger en 2011 ce sera seulement la troisième sonde, la première pour l'Europe, à rejoindre cette planète la plus proche du Soleil. La mission devrait durer au moins une année.

Sans surprise, l'Agence spatiale européenne a choisi Arianespace pour lancer la sonde Bepi Colombo à destination de Mercure. Ce contrat démontre une nouvelle fois la souplesse d'utilisation de la famille Ariane 5 capable de lancer à peu près tout type de mission, quelle qu'en soit l'orbite. D'une masse au lancement de plus de 4 tonnes, cette sonde sera lancée en juillet 2014 par une Ariane 5 ECA. Elle atteindra Mercure en novembre 2020 et fonctionnera au moins un an avec la possibilité d'étendre la mission d'une année supplémentaire.

Bepi Colombo est une mission composée de deux modules réalisés par l'Esa et la Jaxa (Agence spatiale japonaise). L'Europe fournira un des orbiteurs, Mercury Planetary Orbiter (MPO), construit par Astrium et dédié à l'étude de la surface de Mercure et de son atmosphère. Le Japon s'occupera du Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO) qui étudiera le champ magnétique de la planète.

Initialement, l'Europe devait également construire un petit atterrisseur de surface (Mercury Surface Element). Mais ce projet a été abandonné en 2003, en même temps que la mission Eddginton de recherche de planètes similaires à la Terre, pour financer deux vols nécessaires à Arianespace pour qualifier Ariane 5 ECA après l'explosion du premier exemplaire en décembre 2002.

Novembre 2020, la sonde arrive autour de Mercure. Les différents modules se séparent les uns des autres. L'étage de croisière qui a transporté l'ensemble jusqu'à Mercure est éjecté dans l'espace en se séparant des orbiteurs MPO et MMO. © Esa/AOES Medialab

Challenge technologique

La conception d'une sonde œuvrant dans la banlieue de Mercure n'est pas une mince affaire. Aussi près du Soleil, la sonde devra supporter des températures de plus de 350 °C. Elle devra aussi résister au rayonnement infrarouge que réfléchit Mercure, tout aussi dommageable pour la sonde et ses instruments que les rayons solaires. Les technologies développées pour la mission, notamment les protections thermiques, seront réutilisées par Solar Orbiter, une mission de l'Esa d'étude du soleil qui, en 2017, s'en s'approchera comme aucune autre mission avant elle, à seulement 62 rayons solaires.

Lors de la signature du contrat de lancement, Jean-Jacques Dordain, directeur général de l'Esa, a précisé que « l'Europe continue avec Bepi Colombo sa découverte de notre Système solaire. Après Mars Express, Venus Express et la sonde Huygens descendue sur Titan, nous nous orientons maintenant vers l'exploration d'une planète très proche du Soleil, capitale pour comprendre la formation du Système solaire et qui demeure encore très mystérieuse. Pour l'Agence spatiale européenne, il s'agit également d'un excellent exemple de collaboration scientifique puisque nous mènerons cette expérience avec l'Agence spatiale japonaise ».

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