Le Couronnement de la Vierge, de Carlo Bononi, une huile sur toile de 1620. © 2018 Caselli et al, PLOS One

Sciences

Des micro-organismes colonisent une peinture du XVIIe siècle mais d'autres pourraient les en empêcher

ActualitéClassé sous :Art , micro-organismes , peinture

Des chercheurs italiens ont analysé les bactéries et champignons microscopiques présents sur une peinture datant de 400 ans. Si certains micro-organismes dégradent l'œuvre d'art, d’autres pourraient favoriser sa conservation en entrant en compétition avec eux.

Ce qui est un régal pour vos yeux peut aussi constituer un festin pour des bactéries ! Une œuvre d’art pictural comprend différents matériaux, toile, huile, pigments, vernis qui peuvent attiser la gourmandise de bactéries et champignons. Mais pour lutter contre ces micro-organismes néfastes, encore faut-il bien les connaître...

C’est pourquoi des chercheurs de l’université de Ferrare en Italie ont voulu décrire quels étaient ces bactéries et champignons qui dégradent une œuvre d’art. Ils ont travaillé sur Le Couronnement de la Vierge, une peinture de style baroque de Carlo Bononi datant de 1620. Ils présentent leurs résultats dans un article paru en ligne dans la revue Plos One.

Des spores de Bacillus protègent de la biodégradation in vitro

Les chercheurs ont récupéré un morceau de 4 mm2 au niveau d’une zone endommagée. Grâce à des techniques de microscopie et des cultures microbiennes, ils ont identifié les micro-organismes présents : des bactéries Staphylococcus et Bacillus, et des champignons filamenteux des genres Aspergillus, Penicillium, Cladosporium et Alternaria. Les auteurs signalent que certains pigments utilisés au XVIIe siècle comme les terres rouges et jaunes sont une source de nutriments pour les micro-organismes.

In vitro, les chercheurs ont aussi testé un composé biologique contenant des spores de trois bactéries Bacillus (Bacillus subtilis, Bacillus pumilus et Bacillus megaterium). Ces gentils micro-organismes inhibaient la croissance des bactéries et des champignons isolés sur l’œuvre d’art. Cette approche semble donc intéressante pour protéger des toiles de maîtres contre la biodégradation microbienne.

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