OGM : bons ou mauvais pour la santé ? © HENADZY, Fotolia

Santé

Faut-il manger des OGM ?

Question/RéponseClassé sous :OGM , Gilles-Eric Seralini , OGM alimentaire

Les OGM font l'objet de controverses sans fin quant à leur innocuité sur la santé. Pour ses opposants, elle demeure incertaine. Les partisans, eux, avancent les nombreux bénéfices potentiels de cette technologie pour l'accès à une nourriture plus saine.

La culture des OGM est interdite en France, mais il est malgré tout possible d'en importer d'autres pays. Les produits génétiquement modifiés commercialisés dans l'Union européenne à des fins d'alimentation humaine ou animale sont régis par un règlement européen et soumis à un étiquetage particulier dès qu'ils contiennent plus de 0,9 % d'OGM. Les produits issus d'animaux nourris avec des OGM (viande, lait, œufs, beurre, crème) ne sont pas soumis à cet étiquetage. Au total, 103 aliments contenant des OGM ont reçu une autorisation de commercialisation en Europe (liste au 30 novembre 2018) : maïs, soja, colza, le coton ou la betterave sucrière. En pratique, on trouve très peu d'aliments OGM en France ; on les retrouve principalement dans les aliments transformés (céréales, farine, sirop...).

Manger des OGM : est-ce dangereux pour la santé ?

En 2012, une étude alarmiste du professeur français Gilles-Éric Séralini révélait que l'absorption régulière de maïs OGM NK603 (Monsanto), traité ou non avec l'herbicide Roundup, augmentait de deux à trois fois le risque de développer des tumeurs cancéreuses chez la souris. L'étude en question a finalement été invalidée en 2018 par trois expertises française et européennes, mais a semé le doute dans l'esprit de consommateurs. 54 % des Européens sont aujourd'hui persuadés que les OGM ne sont pas bons pour leur santé, selon un sondage Eurobaromètre.

OGM : 20 ans et des milliers d’études plus tard, toujours aucun consensus. © Microgen, Fotolia

Des milliers d'études ont été publiées sur le sujet ces 20 dernières années sans apporter de preuve concluante d'une quelconque nocivité. En 2018, une analyse comparative a même conclu que le maïs OGM serait... meilleur pour la santé que le maïs non OGM car il renferme moins de mycotoxines. Les détracteurs des plantes transgéniques dénoncent eux des études biaisées : 40 % seraient financées par les industries de biotechnologie, selon l'Inra. On dispose toutefois d'un certain recul épidémiologique, les premiers OGM ayant été commercialisés en 1996. À ce jour, aucun effet n'a été constaté sur la santé des animaux consommant régulièrement des OGM ni chez l'humain. En revanche, les plantes génétiquement modifiées pour résister à un herbicide, comme le maïs « Roundup Ready », induisent un usage accru de ces produits. Or, les pesticides sont eux fortement soupçonnés de favoriser le cancer. Ce type d'OGM n'est donc certainement pas bénéfique pour la santé et l'environnement. D'autres variétés sont au contraire résistantes aux insectes eux-mêmes et permettent d'utiliser moins de pesticides.

La consommation de 150 grammes de riz doré par jour fournit la moitié de l’apport journalier de vitamine A recommandé pour l’adulte. © Josep Folta, Flickr

Les OGM, ont-ils un intérêt pour la santé ?

De nombreuses recherches portent aujourd'hui sur des variétés génétiquement modifiées pour améliorer la qualité nutritionnelle des aliments. Le riz doré enrichi en vitamine A est par exemple actuellement cultivé en test au Bangladesh et pourrait être bientôt autorisé aux Philippines. Sont aussi à l'étude du blé naturellement sans gluten, du soja à haute teneur en acide oléique ou une pomme de terre qui ne produit pas d'acrylamide, une substance cancérigène, quand elle est frite. Certains OGM pourraient aussi aider à réduire le gaspillage alimentaire, comme la pomme Arctic qui ne brunit pas. En diminuant le coût de production, ils peuvent aussi contribuer à rendre abordable de la nourriture saine, comme les fruits, les légumes ou les protéines, pour les populations les plus défavorisées. En 2016, 107 prix Nobel ont dénoncé les campagnes anti-OGM de Greenpeace, estimant que ces dernières freinent la recherche sur de nouvelles semences pouvant répondre aux enjeux climatiques et sanitaires.

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