Zoom sur quelques actions ou projets financés par l'AFM

1 : Thérapie génique réussie sur la souris

La dystrophie musculairedystrophie musculaire des ceintures de type 2A est une des formes les plus courantes de dystrophie des ceintures. Elle est caractérisée par un déficit en calpaïne 3, enzymeenzyme spécifique du muscle squelettiquemuscle squelettique impliquée dans les mécanismes de signalisation de la cellule musculairecellule musculaire et dans la régulation du cytosquelettecytosquelette. Cette enzyme permettrait au muscle de s'adapter aux conditions auxquelles on le soumet. Sans calpaïne 3, le muscle ne s'adapte donc plus et les cellules meurent.

Le gènegène CAPN3 codant pour cette enzyme est situé sur le chromosomechromosome 15 (à ce jour, plus de 190 mutations génétiquesgénétiques ont été identifiées). La maladie, décrite pour la première fois en 1884 par Erb, un neurologue allemand, se transmet sur le mode autosomiqueautosomique récessif. On estime que cette maladie concerne une personne sur 15 000 à 150 000 (selon la zone géographique). En France, elle toucherait entre 200 et 400 personnes.

Les signes cliniques de cette maladie apparaissent habituellement autour de 13 ans, par une faiblesse musculaire symétrique des muscles des ceintures pelviennesceintures pelviennes et du tronc. La maladie évolue en touchant les muscles fessiers et des cuisses et, plus tardivement, les quadricepsquadriceps et les muscles des mollets. La perte de la marche survient habituellement 10 à 20 ans après les premiers signes.

2 : Réussite d'une thérapie génique sur la souris

Une équipe de chercheurs du laboratoire Généthon, menée par le Dr. Isabelle Richard, travaille depuis plusieurs années sur une approche thérapeutique de cette maladie par transfert de gène sain. Un essai préclinique sur des modèles murinsmurins a été mené, avec pour but de vérifier l'efficacité du transfert de gène et la tolérance. Les chercheurs ont utilisé un vecteur de type AAVAAV (adeno-associated virusvirus) pour transférer le gène sain de la calpaïne 3 dans le muscle.

Les résultats de cet essai ont été prometteurs, avec une expression forte et stable de la protéineprotéine dans les cellules (deux mois après les injections, le taux d'expression de la protéine se maintenait), une restauration de l'activité protéolytique et pas de toxicitétoxicité apparente. De plus, les prélèvements ont montré que le gène-médicament AAV-calpain3 avait intégré correctement l'endroit ciblé de la cellule (le sarcomère). Enfin, les chercheurs ont constaté une amélioration notable des données histologiques et sur le plan physiologique, notamment une correction de l'atrophieatrophie musculaire et une augmentation de la massemasse et de la force musculaire.

Un essai de phase I sur l'Homme est dorénavant prévu à l'horizon 2007, dont le but sera d'étudier la tolérance de l'injection intramusculaire. Pour ce faire, les chercheurs de Généthon pourront s'appuyer sur la toute nouvelle unité de production de vecteurs à usage clinique, à Généthon, qui vient de recevoir la labellisation BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication) délivrée par l'Afssaps pour la production de vecteurs AAV.