Le virus AAV a pour particularité d’avoir besoin d’un virus auxiliaire pour se répliquer. © Kateryna_Kon, Fotolia

Santé

AAV

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Le virus AAV (adeno-associated virus) ou virus adéno-associé est un virus découvert dans les années 1960 dans des cultures d'adénovirus. Il a pour particularité d'être incapable de se répliquer seul, car il a besoin d'un autre virus pour cela : cela peut être l'adénovirus (d'où le nom de l'AAV), mais aussi le virus herpès HSV-1, le papillomavirus ou le cytomégalovirus.

Le virus AAV a été utilisé comme vecteur pour réaliser des transferts de gènes in vivo, dans des modèles animaux, mais aussi lors d'essais cliniques. C'est un vecteur pour la thérapie génique. Par exemple, il a été utilisé pour injecter un gène fonctionnel visant à soigner une maladie génétique de la rétine, l'amaurose de Leber.

Biologie du virus AAV

Lorsque le virus AAV infecte seul une cellule, il reste latent car il est incapable de se répliquer ; si un virus auxiliaire infecte en même temps la cellule, la réplication de l'AAV peut avoir lieu. Le virus AAV est présent dans de nombreux tissus humains et animaux, d'où l'existence d'anticorps anti-AAV chez une grande partie de la population. Cependant, ce virus n'entraîne pas de maladie.

L'AAV possède une capside de 20 nm de diamètre, non-enveloppée, contenant un ADN simple brin de 4,7 kb. Le génome comprend deux gènes, rep et cap, entourés de séquences palindromiques appelées ITR (Inverted Terminal repeats) :

  • rep code pour quatre protéines grâce à la présence de deux promoteurs et d'un épissage alternatif :
    • Rep 78 et Rep68 qui servent à la réplication,
    • Rep52 et Rep40 servant à l'encapsidation,
  • cap code pour VP1, VP2 et VP3, des protéines de la capside et d'assemblage de la capside.
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