Santé

1910 : les balles magiques d’Ehrlich

Dossier - Les plus grandes découvertes en médecine
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De la trépanation au génome humain, l'histoire de la médecine regorge d'idées et de découvertes importantes. Voici une sélection des moments clés de cette discipline. Plongez dans le monde des virus, des spermatozoïdes ou encore de la chirurgie…

  
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En 1900, il existait très peu de médicaments pour combattre les maladies infectieuses. Parmi eux, la célèbre quinine, utilisée à partir de 1630 par les Européens pour traiter le paludisme, maladie parasitaire causée par un protozoaire transmis par les moustiques.

Tests médicaux en laboratoire. © PowerUp, Shutterstock

Le mercure avait été utilisé dès 1495 pour traiter la syphilis, une maladie bactérienne sexuellement transmissible, mais les traitements au mercure étaient très toxiques pour les patients. La recherche systématique de produits chimiques dotés d'une toxicité sélective contre les agents infectieux débuta sérieusement avec les travaux novateurs du médecin allemand Paul Ehrlich, l'un des fondateurs de la chimiothérapie moderne. Ehrlich recherchait ce qu'il appelait des balles magiques, c'est-à-dire des drogues fonctionnant comme des armes sélectives dirigées spécifiquement contre les récepteurs chimiques présents sur les agents infectieux et épargnant les cellules de l'hôte. Bien sûr, les travaux d'Ehrlich ne purent être développés qu'après la découverte de l'origine microbienne des maladies à la fin du XIXe siècle.

La syphilis est une maladie sexuellement transmissible due au spirochète Treponema pallidum, visible ici sous forme de longues cellules enroulées en spirale. © Dunod

Ehrlich s'intéressait particulièrement aux dérivés arsenicaux pouvant être utilisés pour détruire Treponema pallidum, la bactérie responsable de la syphilis. Quotidiennement, Ehrlich dirigeait son armée de chercheurs pour tester les très nombreux composés arsenicaux mis au point. En 1909, le bactériologiste japonais Sahachiro Hata, un expert de l'étude de la syphilis du lapin qui travaillait dans le laboratoire d'Ehrlich, trouva une forte activité contre la syphilis au 606e composé arsenical testé. Ehrlich put annoncer au monde en 1910 la découverte du Salvarsan, nom commercial du 606, qui était le premier succès concret de sa quête d'agents chimiothérapeutiques.

Curieusement, certains religieux s'opposèrent à l'emploi du Salvarsan, au motif que les maladies vénériennes étaient des punitions envoyées par Dieu pour le rachat des péchés. Dans les années 1940, la pénicilline permit de guérir la syphilis.