Santé

1025 : le Canon de la médecine d’Avicenne

Dossier - Les plus grandes découvertes en médecine
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De la trépanation au génome humain, l'histoire de la médecine regorge d'idées et de découvertes importantes. Voici une sélection des moments clés de cette discipline. Plongez dans le monde des virus, des spermatozoïdes ou encore de la chirurgie…

  
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Parmi les médecins arabo-musulmans du Moyen Âge qui ont contribué à préserver et perpétuer les traditions médicales de la Grèce et de Rome, celui qui eut le plus d'influence fut le médecin et philosophe Ibn Sina, connu en Occident sous le nom d'Avicenne.

Les organes internes selon le Canon d’Avicenne, publié à Ispahan (Iran).© Wellcome Images, Wikimedia commons, CC by 4.0

L'œuvre majeure d'Avicenne est l'encyclopédie en cinq volumes Al-Quanum fi al-Tibb (« Le Canon de la médecine »), achevée en 1025. Cet ouvrage couvre les différents champs de la médecine avec une précision et une minutie grâce auxquelles il a fait autorité et constitué la base de l'enseignement médical durant plus de 700 ans, y compris dans les écoles de médecine d'Europe. Écrit en arabe et traduit ensuite en latin, l'ouvrage était influencé par Hippocrate, Galien et Aristote. Comme Rhazès, son célèbre prédécesseur, Avicenne insistait sur l'importance, en clinique, de l'observation et de l'expérimentation.

Dans le Canon, Avicenne envisage la chirurgie du cancer et avance l'origine infectieuse de certaines maladies (en particulier la tuberculose) et l'utilité de l'isolement. Il fut capable de différencier la médiastinite (inflammation des tissus du médiastin, partie centrale du thorax) et la pleurésie (inflammation des membranes limitant la cavité située autour des poumons). Il professait que les tests thérapeutiques devaient utiliser des produits purs et porter sur de nombreux patients, pour juger de l'efficacité médicale du produit et différencier ses effets courants des effets « accidentels ». De plus, il indiquait que les essais thérapeutiques sur l'animal ne pouvaient être extrapolés à l'Homme. Avicenne était très intéressé par les états psychiatriques, depuis les hallucinations et la dépression jusqu'au comportement des victimes ayant subi un choc. Naturellement, le Canon contient des erreurs. Par exemple, Avicenne écrit que le cœur possède trois ventricules, au lieu de deux.