Sciences

Avicenne

7 août 980 - juin 1037

Médecin

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Biographie

Abu Ali Huceine ibne Abdala ibne Sina, connu sous sa forme latinisée comme Avicenne, est né aux environs du 7 août 980 à Afshéna, dans l'actuel Ouzbékistan, et mort en juin 1037 à Hamadan en Iran. Il a vécu dans l'époque généralement connue comme « l'âge d'or de l'Islam ». Il était un médecin persan, également politicien et philosophe.

Il a écrit des traités sur des sujets variés, on en a retrouvé plus de 200. La grande majorité de ces écrits portent sur la philosophie et la médecine, mais il aborde aussi l'astronomie, l'alchimie, la géographie, la psychologie, la théologie islamique, la logique, les mathématiques, la physique et la poésie. La seule source d'information pour la première partie de la vie d'Avicenne est son autobiographie, écrite par son disciple Jūzjānī. En l'absence d'autres textes, il est impossible de savoir si ce livre est véridique.

Œuvre d’Avicenne

Avicenne a créé un vaste corpus littéraire, pour lequel des traductions de textes gréco-romains, persans et indiens ont été étudiées. Ces textes gréco-romains (néoplatoniciens et aristotéliciens) ont été commentés, réédités et substantiellement développés par des intellectuels islamiques, qui les ont fait évoluer à partir de systèmes mathématiques, astronomiques, algébriques, trigonométriques. 

Avicenne avait accès aux grandes bibliothèques de sa région. Il a notamment travaillé sur le Coran et les hadiths, des recueils contenant des paroles du prophète Mahomet. Plusieurs textes montrent qu'il a discuté de points philosophiques avec les grands universitaires de son temps. Aruzi Samarqandi décrit comment Avicenne avait rencontré des personnes influentes de l'époque. Parmi elles, on trouve Abu Rayhan Biruni (astronome), Abu Nasr Iraqi (mathématicien), Abu Sahl Masihi (philosophe) et Abu al-Khayr Khammar (médecin).

Croyances et religion

Dans la métaphysique d'Avicenne, Dieu est un être nécessaire. Il établit une distinction claire entre l'existence et l'essence des choses, en soutenant que la forme et la matière ne peuvent pas interagir et générer à elles seules le mouvement (qu'il appelle le flux vital de l'univers), ni générer l'existence elle-même.

Il a résolu le problème de l'essence et des attributs du monde par une analyse ontologique de l'être qu'il subdivise en trois types : l'impossibilité, la contingence et la nécessité. L'être impossible est celui qui n'existe pas. L'être contingent est celui qui a besoin d'une cause extérieure pour exister. L'être nécessaire, en revanche, est unique, il reflète son essence et a la capacité de générer la première intelligence. Cet être nécessaire est Dieu, qui connaît toutes choses particulières et universelles grâce à sa science et à sa sagesse. Selon Avicenne, Dieu et l'univers sont tous deux éternels et il n'y a ni temps ni espace devant Dieu.

Cette définition modifie profondément la compréhension de la création du monde. Il n'est plus le caprice d'une volonté divine, mais le résultat de la pensée. La création devient une nécessité et non plus une volonté. Le monde vient de Dieu comme un excès de son intelligence.

Philosophie

À propos du mal dans le monde, Avicenne a affirmé qu'il se propage par accident et qu'il surgit en raison de l'imperfection de la nature. De plus, le philosophe pensait que le bien doit aussi laisser place à son contraire.

Le but de la philosophie est de clarifier et de démontrer par la raison les vérités révélées par Dieu. Il appartient aux philosophes de faire des considérations et des élucidations sur les parties obscures et cachées des doctrines divines révélées.

Dans les études d'Avicenne, on trouve également des éléments de philosophie des sciences. Il décrit une méthode de recherche scientifique et se demande comment il est possible de réaliser des hypothèses, qui n'ont pas besoin de preuves pour être considérées comme vraies.