Santé

Cancer : stades précancéreux et stades cancéreux

Dossier - Cancer : les mécanismes biologiques
DossierClassé sous :médecine , hyperplasie , polype

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Le cancer touche 350.000 personnes par an en France et il est la première cause de mortalité. Malgré les multiples visages de cette maladie, les travaux de recherche des trente dernières années ont permis de définir des points communs aux cancers.

  
DossiersCancer : les mécanismes biologiques
 

Au cours de l'oncogenèse, on peut généralement distinguer trois stades précancéreux qui correspondent aux tumeurs bénignes et deux stades cancéreux qui concernent les tumeurs malignes.

Les tumeurs peuvent être bénignes ou malignes, selon le stade précancéreux ou cancéreux. © Anne Weston, LRI, CRUK, Wellcome Images/Flickr CC nc-nd 2.0

Stades précancéreux

L'oncogenèse est initiée lorsqu'une cellule normale subit une ou plusieurs mutations causées par un agent carcinogène qui la transforment (Figure 4). La cellule transformée prolifère alors de manière exagérée, faisant apparaître un tissu ayant un nombre anormalement élevé de cellules de morphologie normale. Cet état tissulaire s'appelle l'hyperplasie.

Figure 4. Les stades précancéreux de l’oncogenèse. Après avoir subi une mutation qui initie l’oncogenèse, une cellule épithéliale devient une cellule transformée qui prolifère et génère une hyperplasie. Si les cellules progressent continuellement dans l’oncogenèse, elles provoquent une dysplasie puis un carcinome in situ. © Grégory Ségala

Si les cellules transformées progressent dans l'oncogenèse, la tumeur forme une dysplasie. À ce stade, les cellules ont perdu une partie des caractéristiques propres à la cellule saine dont elles proviennent : leur morphologie est changée, elles sont plus indifférenciées ce qui témoigne d'une perte partielle ou totale de leur fonction au sein de l'organisme, et elles prolifèrent plus.

Le dernier stade précancéreux concerne les tumeurs appelées les polypes ou adénomes ou carcinomes in situ, qui sont des tumeurs de taille plus importante que les tumeurs des stades précédents. C'est généralement à ce stade qu'une ablation clinique peut être effectuée par prévention (ablation prophylactique) car le risque de dérive de ce type de tumeur vers un cancer est beaucoup plus élevé que les stades antérieurs. Dans les carcinomes in situ, la membrane basale qui sépare l'épithélium du mésenchyme n'est pas franchie par la tumeur : ses limites sont encore confinées à l'épithélium.

Stades cancéreux

Lorsque la tumeur rompt la membrane basale, le carcinome est invasif. Le carcinome invasif est le premier stade cancéreux : la tumeur est alors maligne (Figure 5). Les cellules cancéreuses envahissent le mésenchyme où elles sont à proximité des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Le dernier stade cancéreux est le cancer métastatique : les cellules cancéreuses ont acquis la capacité à pénétrer dans la circulation sanguine et lymphatique et d'atteindre par ce moyen de transport de nouveaux organes qu'elles vont à leur tour envahir. Les tumeurs formées dans des organes différents de celui dont proviennent les cellules cancéreuses s'appellent des métastases par opposition à la tumeur d'origine qu'on appelle la tumeur primaire.

Figure 5. Les stades cancéreux de l’oncogenèse. Au moment où la tumeur rompt la membrane basale, le carcinome invasif est atteint et le cancer est déclaré. Le cancer peut évoluer jusqu’au stade final de l’oncogenèse, qui est le cancer métastatique. © Grégory Ségala