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Les astronautes et les cancéreux pourront bénéficier d'une expérience canadienne dans l'espace

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Au cours de la réunion de l'American Association of Medical Physics tenue au Palais des congrès de Montréal, l'entreprise Thomson Nielsen a rendu public les premiers résultats de l'expérience EVARM (Extravehicular Activity Radiation Monitor), une étude expérimentale d'une durée d'un an présentement en cours à la Station spatiale internationale (ISS) et financée par l'Agence spatiale canadienne (ASC).

Depuis février 2002, neuf astronautes ont porté les badges de radiation mis au point par Thomson Nielsen durant leurs sorties dans l'espace. Jusqu'à maintenant, l'expérience EVARM a révélé que l'intensité de rayonnement auquel sont exposés les astronautes est d'environ 4,5 mSv par mois ou 54 mSv par année. (Les doses de rayonnement sont mesurés en sieverts (Sv). Ces niveaux habituellement bas sont plus souvent mesurés en millisieverts, on utilise alors l'abréviation mSv.) Même si ces niveaux d'exposition sont beaucoup plus élevés que ceux qu'on obtient sur Terre, ils se révèlent toutefois relativement bas pour l'espace. Sur Terre, nous ne recevons pas plus de 2 mSv de rayonnement naturel par année alors qu'un travailleur sous rayonnements ne peut être soumis à plus de 20 mSv par année.

« Comme il est impossible d'enrayer complètement l'exposition aux rayonnements de l'espace, notre but est de nous assurer que les astronautes reçoivent la plus faible dose possible, a indiqué Marc Garneau, président de l'Agence spatiale canadienne. Pour concevoir un nouveau blindage dont l'efficacité sera accrue, nous devons caractériser les doses de rayonnement à l'aide des données obtenues par l'entremise de l'expérience EVARM. »

L'objectif d'EVARM consiste à mesure l'intensité du rayonnement auquel sont soumis la peau, les yeux et les organes hématopoïétiques des astronautes lorsque ces derniers effectuent des sorties dans l'espace. L'expérience nécessite de petits dosimètres munis de transistors à effet de champ métal-oxyde semiconducteur (MOSFET), une puce de silicium de forme carrée mesurant 1 mm (0,04 po) placée dans un badge fait d'aluminium. Le badge entier ne mesure que 7,1 cm (h) sur 2,3 cm (l) (2,8 po sur 0,9 po).

« Grâce à nos efforts assidus pour parfaire et miniaturiser notre technologie, toutes les composantes de cette expérience se retrouvent désormais dans l'espace, a mentionné Ian Thomson, président de Thomson Nielsen. Dans un avenir prochain, les connaissances, l'expertise et la technologie ainsi développées seront mises à profit afin d'améliorer notre gamme de produits utilisés sur Terre. »

De l'espace à la Terre

L'unique technologie de la puce de silicium (MOSFET), mise au point par Thomson Nielsen à des fins d'applications spatiales, a un impact positif direct sur les habitants de la Terre. La technologie a été adaptée en vue de devenir un produit médical employé par les centres anticancéreux pour détecter le niveau de radiation administré aux patients. On y a actuellement recours dans plus de 400 centres anticancéreux à travers le monde. Les prochaines applications de cette technologie toucheront les domaines de la radiopédiatrie et de la cardiologie.

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