Santé

Les découvertes de Pasteur

Dossier - Pasteur et la vaccination
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Paul Mazliak, nous fait découvrir Pasteur, comment il forgea le mot vaccination pour désigner l'injection préventive, dans le sang d'un individu, d'un germe microbien pathogène dont la virulence avait été artificiellement atténuée.

  
DossiersPasteur et la vaccination
 

Il s'attaqua d'abord aux maladies contagieuses frappant les animaux. Le choléra des poules fit l'objet de ses premières recherches parce que le développement de la maladie était très rapide (la mort survenait en deux jours après inoculation du germe pathogène) et parce que la contagion était extrême. Le "germe" responsable (une bactérie pathogène) fut isolé en 1878 par deux vétérinaires, l'un italien, l'autre français, et porte aujourd'hui le nom de Pasteurella multicida.

Une fois le microbe isolé. Pasteur commença par éprouver sa virulence sur divers animaux. Au contraire des poules et des lapins, les cobayes résistaient bien à l'attaque du microbe. Ce fait persuada Pasteur qu'un organisme particulier pouvait très bien résister à un microbe très virulent pour un autre organisme. Pourtant les bactéries prélevées dans le pus d'un abcès bénin de cobaye et injectées à une poule la tuaient en moins de deux jours. Pour expliquer ces faits, Pasteur supposa que le microbe parasite consommait chez son hôte (qui lui servait de milieu de culture) une "substance indispensable" à son développement, par exemple un élément rare, comme le césium ou le rubidium récemment découverts (en 1861). Le savant raisonnait donc toujours en chimiste. Si l'hôte, tels la poule ou le lapin, contenait de grandes quantités de la "substance indispensable" dans ses tissus, le développement du germe pathogène était considérable et l'animal infecté mourait. En revanche, si l'hôte, tel le cobaye, contenait très peu de cette substance indispensable, la prolifération microbienne était limitée et l'animal infecté résistait.

Le milieu de culture, pour Pasteur, influait considérablement sur les propriétés du microbe (nous sommes là en plein lamarckisme). Le savant multiplia donc les essais pour trouver des conditions de culture rendant le microbe inoffensif. Et c'est ainsi qu'il fut conduit vers une découverte capitale: l'obtention, dans certaines conditions, d'un germe du choléra dont la virulence était atténuée, c'est à dire qui n'était plus mortel à 100 % pour les poules. C'est encore une explication chimique que Pasteur apporta, pour expliquer l'atténuation de la virulençe. C'était pour lui, l'action de l'oxygène de l'air qui diminuait la toxicité du microbe, en s'exerçant longtemps sur la population bactérienne, entre deux réensemencements espacés de huit ou dix mois. (La légende veut que ce soit après plusieurs mois d'interruption des cultures, à cause des vacances universitaires, que Pasteur ait repris une culture bactérienne oubliée, longtemps exposée à l'air sans avoir été repiquée, et que celle-ci ne tua qu'une faible proportion des poules à qui elle avait été injectée.) Pasteur n'apporta jamais de preuves décisives de l'effet inhibiteur de l'oxygène sur la virulence des microbes mais cette hypothèse lui servit néanmoins de guide pour la recherche d'autres vaccins.

Détermination de la structure de la toxine du choléra AB5 et de ses constituants A2 B5 et B5 par analyse cristallographique d'images de microscopie électronique. Les images présentent la structure de l'oligomère A2 B5 à 20 A de résolution.