Santé

Des explications erronées

Dossier - Pasteur et la vaccination
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Paul Mazliak, nous fait découvrir Pasteur, comment il forgea le mot vaccination pour désigner l'injection préventive, dans le sang d'un individu, d'un germe microbien pathogène dont la virulence avait été artificiellement atténuée.

  
DossiersPasteur et la vaccination
 

La biologie contemporaine a démontré que l'explication de Pasteur était fausse. Le vieillissement à l'air des souches impures de Pastourelle multicida que le savant utilisait, avait en effet abouti, sans qu'il s'en douté évidemment, à l'élimination de la culture de la souche pathogène, porteuse du plasmide de toxicité (un plasmide est un petit fragment circulaire d'ADN renfermant les gènes de la virulence). Il ne subsistait donc dans la culture, après huit mois de vieillissement à l'air, que des souches non pathogènes, convenables pour la vaccination. Dans le cas de Pasteur, l'élimination des souches pathogènes était aléatoire (il fallait attendre suffisamment longtemps !) aujourd'hui les souches vaccinantes sont préparées directement par manipulation génétique, en éliminant le plasmide de toxicité.

Pasteur, lamarckien, croyait donc avoir transformé héréditairement le microbe initial, très virulent, qui aurait acquis, sous l'influence du milieu, la propriété nouvelle de non-virulence. C'est avec ce microbe à virulence atténuée que le savant vaccina des poules qui devinrent effectivement insensibles au choléra après deux injections de rappel. On sait aujourd'hui que l'injection dans un animal d'un microbe à virulence atténuée provoque l'apparition, dans son sang, d'anticorps qui le protègent contre tous les microbes de même structure moléculaire antigènique en particulier contre les microbes de même espèce mais contenant les plasmides de toxicité. Cette explication moderne de l'immunité acquise par vaccination était évidemment tout à fait étrangère à Pasteur, voilà l'explication de la vaccination donnée par le savant: "Considérons une poule très bien vaccinée par une ou plusieurs inoculations antérieures du virus affaibli. Réinoculons cette poule (avec le microbe initial, non affaibli). Que va-t-il se passer ? La lésion locale sera, pour ainsi dire, insignifiante, relativement à celles que les premières inoculations ont produites... Le muscle qui a été malade est devenu, après sa guérison et sa réparation, en quelque sorte impuissant à cultiver le microbe, comme si ce dernier, par une culture antérieure, avait supprimé quelque principe que la vie n 'y ramène pas et dont l'absence empêche le développement du petit organisme... " Force est de constater que cette fausse explication de l'immunité apportée par la vaccination n'a pas empêché Pasteur de s'attaquer à d'autres maladies contagieuses.


Récepteur du virus de la rougeole. Cellule de souris après transfection avec un plasmide recombinant. Ces cellules sont capables de fixer, de répliquer le virus de la rougeole et de produire des particules virales. Etude pour tester l'efficacité de nouveaux vaccins.