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Découverte du village

Dossier - L'Institut Charles Darwin International s'installe à Puycelsi
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L'institut Charles Darwin International, ouvre ses portes à Puycelsi, village sublime, entouré par la forêt de Grésigne. Ce lieu accueille aujourd'hui l'ambition de penser ce dont à lui seul, déjà, il témoigne : l'évolution humaine face à la nature.

  
DossiersL'Institut Charles Darwin International s'installe à Puycelsi
 
Porte d'arrivée (porte basse). Elle fut jusqu'au début du XXe siècle le seul accès courant au village. Par la porte haute (porte de l'Irissou) passaient les voyageurs à dos de mulet ou les charrettes. © Photo Michel Robert

Les Celtes l'appelaient Celto Dun, « la forteresse des bois » ; mais ce sont les Romains qui lui ont donné son nom, Podium celsum, qui signifie « plate-forme élevée ».
Dans le village, il ne reste aucune trace de ces hommes, mais une voie romaine est encore visible sur le Sentier du patrimoine, et quelques oppida existent encore dans la forêt de la Grésigne toute proche, dont Puycelsi assura longtemps la surveillance.

Remparts de défense - Leurs créneaux ont aujourd'hui disparu. © Photo Michel Robert

L'histoire connue de Puycelsi remonte aux environs de l'an 1000, à l'époque où les abbés d'Aurillac vendirent cette seigneurie au comte de Toulouse Raymond V, attentif à son importance stratégique. Nous sommes aux confins du Languedoc et de la Guyenne, et les plateaux Cadurciens sont tout proches. Les comtes de Toulouse construisirent des fortifications au début du XIIIe siècle et le château, disparu depuis, fut leur résidence préférée. Fidèle au comte de Toulouse, Puycelsi résista aux Montfort lors de la croisade des Albigeois. Par deux fois, Simon de Monfort en 1211, puis son frère Guy en 1213 échouèrent à s'emparer de la citadelle. Le traité de Meaux, en 1229, stipulait que 25 villes ayant résisté aux vainqueurs devaient être détruites. Puycelsi était du nombre.

Porte haute (porte de l'Irissou) - Placée après la porte d'arrivée, cette porte protégée par une herse et flanquée de deux tours était la dernière protection. © Photo Michel Robert

Commença alors un long démantèlement du village et de ses fortifications. Malgré cela, le village résista à d'autres envahisseurs : les routiers du vicomte de Montclar en 1363, le sieur de Duras et 450 Anglais lors de la guerre de cent ans, et même le sieur de Payrol y connurent la défaite lors des guerres de religion.

Chemin de ronde et tour de la prison - Neuf tours identiques protégeaient le village. En contrebas, on aperçoit l'octroi qui, jusqu'au début du XXe siècle, contrôlait la circulation des marchandises. À gauche, on aperçoit le dôme de Montoulieu, qui domine la forêt de Grésigne. © Photo Michel Robert

Il faut dire que le village étant perché sur son piton rocheux et protégé par ses remparts, il était difficile de déloger les Puycelsiens, dont la fidélité à la couronne de France ne s'était jamais démentie au fil des siècles. La place-forte militaire est encore présente par ses portes à l'architecture rare dans la région, par son chemin de ronde, par plus de 800 mètres de remparts, et par ses tours de guet.

La chapelle Saint-Roch - Elle a été édifiée en 1703 par les habitants de Puycelsi pour remercier le ciel de les avoir tenus à l'abri de la peste. L'enclavement du village et sa difficulté d'accès sont peut-être les raisons qui permirent aux habitants d'échapper à la terrible maladie. © Photo Michel Robert

Quatre épidémies de peste vinrent frapper le village entre 1586 et 1652. Pour endiguer ce fléau, les habitants édifièrent la chapelle Saint-Roch, qui abrite aujourd'hui la Maison du Tourisme. Une croyance populaire fit de Saint-Roch le protecteur du village, mais c'est surtout l'isolement de ce dernier qui, évitant les échanges avec l'extérieur, empêcha la propagation de l'épidémie. Pour accéder au village, il n'y avait que des chemins muletiers qui conduisaient en haut de la cité. Vers 1850, la mairie acheta les terrains et les vestiges du château appartenant à Monsieur de Puisségur pour créer la route d'accès que l'on emprunte aujourd'hui.

Maisons villageoises - La pierre calcaire et le bois sont les matériaux de base qui ont servi à construire les maisons du village, dont les plus anciennes datent du XIIe siècle. © Photo Michel Robert

Puycelsi traversa la Révolution sans trop de problèmes, et l'administration, assurée auparavant par quatre consuls, fut confiée à des hommes chargés veiller sur un canton de 2700 personnes, dont les communes de Larroque, Penne et Vaour. Le village comptait alors plus de 700 personnes exerçant de petits métiers, comme ces tourneurs de fuseaux pour la laine et la broderie dont les femmes partaient à pied vendre la production sur les marchés de Gaillac ou de Caussade. Le village continua à se développer jusqu'au milieu du XIXe siècle, qui fut marqué par un lent déclin lié à l'exode rural. Les mines de Carmaux, ouvertes en 1850, sonnèrent le glas des charbonniers et des verriers de Grésigne. La première Guerre mondiale emporta 55 jeunes hommes, et Puycelsi s'endormit.

Ruelle - Des ruelles conduisaient rapidement au chemin de ronde pour favoriser la défense du village. © Photo Michel Robert

Le village s'appauvrit et les ruines apparurent jusqu'au début des années 60, époque où les résidents secondaires commencèrent à remettre en état des demeures chargées d'un lourd passé. On préserva ainsi d'admirables maisons, dont certaines de style Renaissance, qui attestent l'ancienne opulence du village.
Les dimensions de l'église gothique Sainte-Corneille (nef de 46 mètres de long, 12 mètres de haut) et la qualité de ses décorations témoignent de l'importance de Puycelsi.

Aujourd'hui, les habitations sont restaurées et Puycelsi est un village fleuri et accueillant, qui a su garder son naturel et son authenticité. Dix-sept nationalités coexistent sur le territoire de la commune, dont une majorité d'anglophones, comme dans de nombreux villages de la région.

Mairie - Cette bâtisse est la mairie depuis 1792. Auparavant, elle abritait les quatre consuls qui dirigeaient la contrée. © Photo Michel Robert

Classé parmi les plus beaux villages de France, Puycelsi entend conserver intact son magnifique patrimoine naturel et historique. Le développement du village ne passera pas par un commerce touristique exagéré. Un hôtel restaurant de qualité, des cafés, des commerces sont là pour accueillir les visiteurs. Des métiers d'art voient le jour. L'Institut Charles Darwin International y a installé le centre de ses activités.

On ne saurait parler de Puycelsi sans évoquer la forêt de la Grésigne. Près de 4000 hectares de bois en font le massif forestier le plus vaste de la région Midi-Pyrénées. Composée de châtaigniers, de chênes rouvres et de quelques résineux, elle abrite une faune importante de Cervidés et de Sangliers, mais aussi des Insectes protégés comme le Lucane cerf-volant. De Puycelsi à la forêt de la Grésigne, il n'y a qu'un pas ou plutôt un sentier, le « Sentier du patrimoine » : réalisé, entretenu et balisé par le Conseil général du Tarn, il est composé de plusieurs boucles de 2 à 14 kilomètres qui partent et reviennent à Puycelsi. Entièrement praticable, il serpente le long d'un ruisseau pour arriver au sommet du massif de Montoulieu, qui domine toute la forêt.

Parler de Puycelsi, c'est évoquer enfin le Verger conservatoire régional qui abrite plus de 700 espèces d'arbres fruitiers et une centaine de variétés de plants de vigne. Les visites ont lieu sur rendez-vous, et les particuliers pourront à la saison propice apprendre la taille ou acheter des végétaux.