L'IMC ne prédit pas le risque cardiovasculaire chez les diabétiques

Le diabète est une véritable pandémie mondiale. Les personnes diabétiques sont souvent plus à risque de complications vasculaires que les autres, surtout si l'inflammation et la glycémie sont mal contrôlées, car cela endommage les vaisseaux sanguins. Une écrasante majorité de patients souffrant de diabète de type 2 sont atteints de surpoids, voire d'obésité, ce qui accroît d'autant plus le risque cardiovasculaire. Le diagnostic de l'obésité est souvent posé à partir de l'IMC (indice de masse corporelle). Sauf qu'une récente étude critique une fois de plus cet indicateur en démontrant qu'il n'existe pas de corrélation entre l'augmentation de l'IMC et le risque cardiovasculaire. 

Ces scientifiques chinois ont réalisé leur étude à partir de données de plus de 10.000 patients issues d'essais contrôlés et randomisés. Les patients avaient une moyenne d'âge de 63 ans et 62 % d'entre eux étaient des hommes. L'étude met en évidence qu'avoir un IMG (indice de masse grasse) élevé accroît le risque cardiovasculaire de 53 % tandis qu'un IMC élevé n'y est pas associé. L'impact protecteur de la masse maigre (essentiellement musculaire) mis en évidence dans d'autres études n'a pas été observé ici. Toutefois, selon les chercheurs, c'est en partie à cause d'une masse maigre trop faible que les personnes avec un IMC bas ont été victimes d'un évènement cardiovasculaire. « L'augmentation du risque de maladie cardiovasculaire chez les patients diabétiques de type 2 présentant un IMC faible peut être attribuée à l'effet néfaste d'un manque de masse corporelle maigre qui annule l'effet positif de la réduction de la masse grasse », explique le Dr. Xinqun Hu du département de médecine cardiovasculaire et de médecine d'urgence de l'hôpital Xiangya. L'IMC apparaît donc bien comme ce qu'il est : un indicateur rapide, pratique, mais obsolète.

L'IMC est un piètre indicateur du risque cardiovasculaire chez les diabétiques. L'indice de masse grasse (IMG) est bien plus révélateur. © EzumeImages, Fotolia
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