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Les saumons de Garonne sous haute surveillance

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Grâce à une campagne de restauration menée depuis 25 ans, la Garonne est à nouveau fréquentée par le saumon atlantique. Mais pour combien de temps ? En effet, les scientifiques et gestionnaires du cours d'eau observent des pertes importantes en géniteurs sur un tronçon d'une centaine de kilomètres entre Golfech et Toulouse, pourtant dépourvu d'obstacles migratoires. Une opération de radiopistage a donc été initiée en 2002 par le Cemagref, afin de suivre le devenir du saumon atlantique de Garonne sur ce secteur.

Les saumons de Garonne sous haute surveillance

Trois campagnes ont été menées en 2002, 2003 et 2004. La dernière est actuellement en cours. Les saumons sont piégés à la sortie de l'ascenseur à poisson de Golfech, marqués à l'aide d'émetteurs radio puis relâchés dans la Garonne. 17 sites répartis sur le tronçon et équipés de plus de 30 stations automatiques de réception, ainsi que des stations mobiles (voiture, avion ou bateau) permettent de suivre les individus. Le comportement de 107 saumons a ainsi été étudié entre le début du mois de juillet 2002 et la fin du mois de janvier 2005 et les chercheurs ont déjà pu formuler différentes hypothèses sur les causes de pertes de géniteurs.

Les mortalités qui ont touché 27 à 35% des individus suivis sont la première cause de perte des géniteurs. Ces mortalités apparaissent pour les ¾ d'entre elles en été, saison au cours de laquelle la température de la Garonne dépasse fréquemment 25°C. Les fortes températures pourraient donc exercer un impact important sur les populations de saumon. L'été 2003 marqué par la canicule a ainsi été particulièrement difficile pour les saumons.

Deuxième cause : la dévalaison. 9 à 17% des saumons radiomarqués ont fait demi-tour après avoir progressé plus ou moins loin sur le tronçon. Les poissons ont dévalé vivants jusqu'en aval de l'aménagement hydroélectrique de Golfech, soit par surverse au niveau du barrage, soit en passant par les turbines.

Enfin, plusieurs autres causes de non transfert peuvent être évoquées : un blocage par l'obstacle délimitant la partie amont du secteur (8 à 9% des pertes), un égarement sur le Tarn, principal affluent du secteur (3 à 4% des pertes), une rupture de migration (7 à 8% des pertes) correspondant à des poissons s'arrêtant à l'approche de la période de reproduction sur des secteurs pourtant dépourvus de zones de reproduction fonctionnelles ou à des poissons bien engagés sur la Garonne et faisant demi-tour pour rejoindre le Tarn, sans que cet affluent ne soit leur cours d'eau d'origine.

Par ailleurs, les chercheurs ont continué à suivre les saumons en amont de ce secteur problématique. Ils ont ainsi obtenu de nombreuses informations sur la franchissabilité des obstacles atteints par les saumons radiomarqués, sur leur répartition entre Ariège et Garonne de piémont, ainsi que leur devenir après transport sur les meilleures zones de reproduction situées sur le haut du bassin.

L'opération de radiopistage a ainsi permis de fournir de nombreux renseignements utiles à la poursuite du programme de restauration du saumon sur le bassin de la Garonne. Les chercheurs doivent aujourd'hui aller plus loin dans l'analyse des résultats pour identifier précisément l'impact de chaque facteur sur la population de géniteurs, en particulier l'effet de la température ou des étiages.

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