En analysant la diversité génétique de la bactérie responsable de l'ulcère de l'estomac, des chercheurs ont pu retracer les migrations de nos ancêtres. Conclusion : nous sommes partis d'Afrique de l'Est il y a 58 000 ans.
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Tristement célèbre, Helicobacter pylori est une bactériebactérie capable de vivre dans notre estomacestomac et nos intestins et responsable d'ulcères et de cancers de l'estomaccancers de l'estomac. Présente dans toutes les populations humaines, elle semble accompagner l'Homme depuis longtemps. C'est ce qui a donné l'idée à une équipe de chercheurs européens et sud-africains d'étudier les caractéristiques génétiques de cette bactérie dans différentes populations humaines.

Durant ce long travail, commencé en 1999, l'équipe a prélevé par endoscopieendoscopie plus de 700 échantillons parmi 51 groupes ethniques répartis sur tous les continents. Il apparaît d'abord que les variantes génétiques se répartissent en six grands groupes, correspondant justement à des aires géographiques. De plus, la diversité génétiquegénétique de H. pylori est d'autant plus grande que la population se trouve éloignée d'Afrique de l'est.

L'idée qui émerge est qu'au sein d'une humanité originelle vivant en Afrique, H. pylori a prospéré et s'est diversifiée. Puis une partie de la population humaine a migré depuis l'Afrique de l'est, emportant avec elle les bactéries vers d'autres régions du globe, Asie, Europe, Amérique et Océanie. Dans chacune de ces populations, les bactéries se sont à nouveau diversifiées mais isolément et donc différemment selon les régions.

Une seule grande migration

A partir du taux connu de mutations chez H. pylori, les scientifiques estiment l'âge de la grande migration hors d'Afrique à 58 000 ans, plus ou moins 3 500 ans. Cette date correspond bien à la fourchette de 40 000 à 100 000 ans, généralement admise. On a retrouvé en Israël des Homo sapiens vieux de 100 000 ans, ce qui laisse supposer une sortie plus ancienne. Mais il semble probable qu'il y ait eu plusieurs petites migrations mais qui n'ont pas abouti à de vastes populations. Celle qui se serait produite il y a environ 60 000 ans aurait donc été la bonne, emmenant suffisamment d'humains tout autour de la planète.

L'étude pointe des populations particulières du sud de l'Afrique, qui n'auraient pas été concernées par cette migration. Il s'agit des pygmées et des bantous. Les bactéries qu'ils possèdent proviendraient d'une contaminationcontamination secondaire, bien plus tardive. Mais au sein d'une même région, la méthode manque de précision. H. pylori a ses propres moyens pour se répandre parmi la population et se propage donc indépendamment des individus.