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La mémoire implicite plus forte que la maladie d'Alzheimer ?

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Des chercheurs de l'Université de Washington, à Saint Louis, viennent de découvrir que la maladie d'Alzheimer n'endommage pas toutes les formes de mémoire : un espoir pour la rééducation des patients dans le futur.

Maladie d'alzheimer. Coupe de cerveau humain, atrophie corticale et dilatation ventriculaire.

La maladie d'Alzheimer est une pathologie neuro-dégénérative qui touche 5% de la population des plus de 65 ans, et 25% des plus de 85 ans, autant dire un véritable problème de santé publique. Les patients atteints perdent progressivement la mémoire et, à terme, souffrent d'une perte d'autonomie totale.

De tels dégâts prennent naissance dans le lobe médian temporal au niveau de l'hippocampe, siège de la mémoire explicite. Celle-ci est directement impliquée dans la mise en place d'associations et de nos souvenirs lointains (sens des mots, évènements du passé, etc.), par opposition à la mémoire implicite, inconsciente, et moins connue, qui intervient dans les automatismes (faire du vélo, lacer ses chaussures, etc.).

Or, une équipe de scientifiques américains a fait une remarquable découverte en comparant les capacités de mémoire implicite chez de jeunes adultes, des gens plus âgés et des patients souffrant des premiers stades cliniques de la maladie d'Alzheimer. "A partir de cette étude, et d'autres que nous avons réalisées, il apparaît qu'un certain nombre de réseaux neuronaux du cerveau soient moins touchés dans la maladie d'Alzheimer que ce que nous avions prévu" explique Randy L. Buckner à propos de sa publication parue le 10 juin dans la revue Neuron.

L'expérience consistait à présenter, aux 3 groupes de volontaires, une série de mots. Il s'agissait de dire si chaque mot représentait un sujet vivant ou non. Si les jeunes étaient bien les plus rapides dans l'exécution de la tâche, avec de l'entraînement, les 3 groupes réduisaient considérablement leur temps de réponse !

L'analyse par IRM a permis de démontrer l'intervention du cortex frontal dans le travail demandé. Par ailleurs, les chercheurs ont découvert que la diminution de temps nécessaire à la réalisation de la tâche était corrélée à une réduction de l'activité du cortex frontal, signe qu'il l'ajustait pour être finalement plus performant. "Cette découverte laisse suggérer qu'il y a un lien - bien que cela ne le démontre pas - entre les diminutions d'activité du cortex frontal et ce type d'apprentissage" insiste le scientifique.

Les résultats sont prometteurs. Ils pourraient permettre l'élaboration de programmes de rééducation, mieux structurés, sollicitant les régions du cerveau encore saines des malades atteints d'Alzheimer"Si vous dirigez la tâche et leur fixez des objectifs très encadrés, cela aide les adultes plus âgés à faire appel aux zones nerveuses encore efficaces. Dans cette étude, nous avons montré qu'il était possible d'exploiter les régions de haut niveau cognitif qui présentent une fonction de mémoire préservée" conclue Randy L. Buckner.

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