Manger un repas identique la nuit et le jour n'aurait pas les mêmes effets sur la santé. Une étude conclut qu'un repas nocturne expose à plusieurs problèmes de santé. Que se passe-t-il au niveau des cellules, notamment celles qui stockent le gras ? Des scientifiques expliquent le mécanisme !

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« Il est connu, mais mal compris, que chaque offense faite à l'horloge biologiquehorloge biologique sera une offense faite au métabolisme », explique Charles Brass, professeur de médecine à l'université de Rochester. Lui et son équipe ont mené des expériences sur les souris pour comprendre pourquoi manger la nuit promeut l'obésitéobésité. Les résultats d'un essai cliniqueessai clinique mené par une équipe d'Harvard sont parvenus à la même conclusion : les personnes qui retardent leur repas de plusieurs heures dépensent moins d'énergieénergie et stockent plus de graisses que les autres.

Manger la nuit dérègle le métabolisme

Contrairement aux êtres humains, les souris se nourrissent la nuit et se reposent le jour. Les scientifiques ont donc nourri, avec le même repas, qui reproduit un régime alimentaire occidental de « cafétéria » riche en gras et en glucidesglucides, un groupe de souris le jour, contrairement à leur horloge biologique, et un deuxième la nuit. Au bout d'une semaine de suivi, les souris qui ont mangé le jour ont pris plus de poids que celles qui ont mangé la nuit, malgré la composition identique des repas.

Des scientifiques cherchent à comprendre pourquoi il ne vaut mieux pas contrarier son rythme biologique pour se nourrir. © LIGHTFIELD STUDIOS, Adobe Stock
Des scientifiques cherchent à comprendre pourquoi il ne vaut mieux pas contrarier son rythme biologique pour se nourrir. © LIGHTFIELD STUDIOS, Adobe Stock

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« Nous avons pensé qu'il y avait peut-être une composante de l'équilibre énergétique où les souris dépensent plus d'énergie en mangeant à des moments précis. C'est pourquoi elles peuvent manger la même quantité de nourriture à différents moments de la journée et être en meilleure santé lorsqu'elles mangent pendant les périodes d'activité que pendant les périodes de repos », explique Chelsea Helper, postdoctorante dans l'équipe du professeur Brass et première autrice de l'étude.

Les souris qui mangent selon leur horloge biologique (la nuit) métabolisent mieux les aliments pour produire de l'énergie, un phénomène appelé thermogénèse. Le niveau de thermogénèse dépendrait donc de l'horloge biologique mais aussi, selon les observations des scientifiques, de la créatine.

Des concentrations importantes de créatine dans les adipocytes alimentent le cycle de l'ATP (adénosine triphosphate) dans les mitochondriesmitochondries conduisant à la production d'énergie. Cette étude souligne l'importance de respecter l'horloge biologique quand il s'agit d'alimentation mais d'autres recherches sont encore attendues pour avoir une idée globale des mécanismes à l'œuvre.