Nous connaissons tous quelqu'un qui se fait dévorer par les moustiques chaque été. Pourtant les chercheurs ne connaissent pas bien les raisons qui poussent les moustiques à privilégier le sang humain plutôt que ceux d'autres mammifères. Une étude publiée dans Cell suggère que deux facteurs environnementaux peuvent être à l'origine de ce comportement. 


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    Comment les moustiques nous trouvent-ils ?

    Pour les 27 localisations choisies, les chercheurs ont étudié la préférence des moustiques femelles pour l'odeur humaine ou animale. Par exemple, les Aedes capturés à Franceville au Gabon sont principalement attirés par les odeurs des animaux, alors que les moustiques de Ouagadougou piquent indifféremment les humains et les animaux. En revanche, les individus étudiés à Thies et Ngoye au Sénégal se nourrissent presque que de sang humain. Comment expliquer ces différences ?

    Les figures A et B montrent quelques-unes des zones où les moustiques ont été capturés. La figure C montre sur le continent africain les moustiques qui préfèrent piquer les animaux (en bleu-violet) et ceux qui préfèrent piquer les humains (en rouge) en fonction de la densité de population et de la sécheresse. Enfin, la figure D montre que les différences ne sont pas simplement expliquées par un environnement forestier et citadin. © Noah H. Rose et al., <em>Cell 2020</em>
    Les figures A et B montrent quelques-unes des zones où les moustiques ont été capturés. La figure C montre sur le continent africain les moustiques qui préfèrent piquer les animaux (en bleu-violet) et ceux qui préfèrent piquer les humains (en rouge) en fonction de la densité de population et de la sécheresse. Enfin, la figure D montre que les différences ne sont pas simplement expliquées par un environnement forestier et citadin. © Noah H. Rose et al., Cell 2020

    La sécheresse et la densité de population poussent les moustiques à piquer les Hommes

    Selon les auteurs, 83 % des variations de comportement peuvent être expliquées par deux facteurs : la sécheressesécheresse et la densité de population. En effet, durant la saisonsaison sèche, les moustiques femelles trouvent plus facilement de l'eau stagnante ou des bassins artificiels pour pondre leurs œufs dans les zones très urbanisées. Après leur éclosion et leur transformation en adulte, les nouvelles femelles n'ont plus qu'à piquer les humains à proximité pour se nourrir.

    En côtoyant les humains, cette appétence pour le sang humain s'est inscrite dans leur gène. Les chercheurs ont identifié plusieurs lociloci génétiques associés à ce phénotype. 

    Cette caractéristique génétique suggère que les moustiques friands de sang humain ne se cantonnent pas qu'à l'Afrique sub-saharienne. Les mêmes loci génétiques ont été identifiés chez des moustiques invasifsinvasifs en Argentine ou en Angola.

    Avec les sécheresses qui s'accentuent et le développement rapide de l'urbanisation en Afrique, les chercheurs craignent qu'encore plus d'Aedes aegypti privilégient le sang humain et que les maladies vectorielles transmises par ces derniers (la denguedengue, le ZikaZika, le chikungunyachikungunya et la fièvre jaunefièvre jaune) prennent plus d'ampleur.