La tuberculose, l’une des principales maladies infectieuses connues, a maintenant une histoire mieux définie. La bactérie Mycobacterium tuberculosis, grande responsable de ce fléau, descendrait d’une souche plus ancienne qui s’est limitée à l’Afrique de l’Est. Depuis, elle a gagné en virulence et en persistance, ce qui fait d’elle l’une des grandes menaces mondiales.
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Mycobacterium tuberculosis (M. tuberculosis) est la bactériebactérie responsable de la grande majorité des cas de tuberculose. Environ un tiers de la population mondiale est infectée par ce micro-organismemicro-organisme. En 2011, la tuberculosetuberculose a fait 1,4 million de victimes et ce chiffre pourrait augmenter en raison de l'émergenceémergence de souches multirésistantes aux antibiotiquesantibiotiques. Autre facteur : le seul vaccinvaccin disponible, le BCG, n'est que partiellement efficace et protège les adultes seulement une fois sur deux. 

En France, on recense environ 5.000 nouveaux cas et 650 décès chaque année. L'Île-de-France est par ailleurs deux à quatre fois plus touchée que le reste du territoire. Parmi les sous-espècessous-espèces de bacillesbacilles tuberculeux capables de provoquer la tuberculose chez l'Homme, la plus répandue et la plus pathogènepathogène est de loin M. tuberculosis (les personnes au système immunitairesystème immunitaire fragile demeurant les plus vulnérables).

Le bacille de Koch, <em>Mycobacterium tuberculosis</em>, ici grossi plus de 15.000 fois au microscope électronique à balayage, est le principal responsable de l'épidémie de tuberculose, l'une des maladies contagieuses les plus mortelles. © Janice Haney Carr, CDC, DP

Le bacille de Koch, Mycobacterium tuberculosis, ici grossi plus de 15.000 fois au microscope électronique à balayage, est le principal responsable de l'épidémie de tuberculose, l'une des maladies contagieuses les plus mortelles. © Janice Haney Carr, CDC, DP

M. tuberculosis, souche plus virulente que M. canettii

Les équipes de Roland Brosch (à l'Institut Pasteur de Paris) et de Philip Supply (à l'Institut Pasteur de Lille) sont parvenues à retracer l'histoire évolutive de M. tuberculosis. Leur étude, publiée dans Nature Genetics, a permis de confirmer l'hypothèse de précédents travaux suggérant que les souches de la bactérie, génétiquement très conservées, sont issues d'une branche évolutive commune aux souches de M. canettii. 

Ces dernières, qui entraînent également la tuberculose, présentent une très large diversité génétiquegénétique. Certaines caractéristiques de leurs génomesgénomes indiquent même qu'elles sont d'une origine beaucoup plus ancienne. Les scientifiques fournissent également des indications possibles sur les facteurs qui ont contribué au succès évolutif de M. tuberculosis. Cette bactérie a effectivement fait de la tuberculose une pandémie mondiale, alors que les souches de M. canettii sont restées majoritairement cantonnées dans les régions de l'est de l'Afrique. 

L'équipe de chercheurs suggère notamment que les souches de M. tuberculosis ont acquis leur virulence et leur persistance par une combinaison de plusieurs mécanismes génétiques, parmi lesquels une perte de fonction de certains gènesgènes, ou encore l'acquisition de nouveaux, par transfert horizontal. Grâce à l'identification de gènes potentiellement impliqués chez M. tuberculosis, l'ensemble de ces travaux ouvre des perspectives pour la lutte contre la tuberculose, dont l'OMSOMS a fait l'une de ses priorités.