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Science décalée : l’épilation aurait-elle raison des morpions ?

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La science décalée frappe cette fois sous la ceinture, et s'intéresse au déclin dramatique des morpions. Depuis que l'épilation du maillot est devenue une pratique à la mode, la population de ces poux du pubis aurait commencé à décliner. Hasard ou coïncidence ?

Le pou du pubis, plus communément appelé morpion, dérive du pou du gorille. La divergence serait apparue voilà 3,3 millions d'années. Depuis, l'Homme a perdu une bonne partie de son pelage et le réduit encore. Au détriment de ses parasites... © Wikipédia, CDC, DP

Qui viendra pleurer le dernier morpion ? Probablement pas grand monde. Cet insecte parasite, qui fut il n'y a pas si longtemps à l'origine de la principale maladie sexuellement transmissible (MST), semble mal en point. C'est du moins ce qu'affirme un article publié par le très sérieux site du groupe financier américain Bloomberg. Bien que ne s'appuyant pas sur une étude scientifique digne de ce nom, ce texte fait un état des lieux inquiétant pour le pou du pubis, ce qui ne sera pas sans en réjouir certains.

L'espèce humaine a depuis longtemps pris l'habitude de détruire des habitats pour les adapter à ses besoins. On connaît les conséquences de la déforestation sur les faunes locales. Cette fois, l'article suggère, sans jamais le démontrer, que nos ennemis morpions pâtiraient des conséquences de la dégradation de leur milieu de vie... à cause de l'augmentation des cas d'épilation du maillot.

L’épilation en plein essor, les morpions en mauvaise santé

La mode aurait une dizaine d'années, et le texte accuse certaines séries d'en être les promotrices. Une étude publiée dans Sex Roles en octobre 2011 montre bien l'ampleur du phénomène chez les jeunes : sur la base de questionnaires, elle indique que 80 % des étudiants interrogés (seulement 224 en tout) se coupent tout ou partie des poils pubiens. L'article de Bloomberg évoque aussi une étude de 2005 qui révélait que 99 % des femmes britanniques de plus de 16 ans s'épilent régulièrement les aisselles, les jambes et le pubis.

Tout ce qui peut couper les poils est l'ennemi des poux, qu'ils soient de tête, de barbe ou de pubis. © Nicalfc, StockFreeImages.com

En parallèle, Basil Donovan, médecin au Sexual Health Centre de Sydney, s'étonne de constater que l'infestation par les morpions, autrefois fréquente, devient de plus en plus rare. Une recherche de 2003, publiée dans l'Australian and New Zealand Journal of Public Health, mettait en avant le fait que cette parasitose induite par le pou du pubis comptait parmi les principales maladies sexuellement transmissibles d'Australie, un habitant sur trois en faisant la regrettable expérience au cours de sa vie. Le nombre de cas aurait diminué de 80 % depuis 2008. Une lettre publiée en 2006 dans Sexually Transmitted Infections signalait déjà le recul des populations de morpions à cause de l'épilation dite brésilienne (qui ne laisse que très peu de surface recouverte par des poils).

Épilation du maillot obligatoire contre les poux du pubis ?

Ces insectes, Phtirus pubis, s'épanouissent principalement dans les régions velues de l'entrejambe. La femelle, une fois fécondée, reste fertile tout au long de sa vie et pond des œufs à la base des poils. Ces suceurs de sang se transmettent d'un individu à l'autre par contact sexuel. Mais pinces à épiler et autres cires dépilatoires sont autant de tronçonneuses et de bulldozers à l'échelle de la bête.

La question de la généralisation des pratiques pourrait alors se poser, pour des questions de santé. Emily Gibson, une Américaine de la Western Washington University, prévient que les poils ont une utilité biologique. Ils permettent de limiter les frottements et de protéger contre les infections bactériennes. Il existe quelques cas où des personnes se faisant épiler sont ensuite tombées malades. Tout ne serait pas tout blanc.

Dans quel état se trouve aujourd'hui la population de morpions ? Difficile à dire, les chiffres étant difficiles à déterminer. Beaucoup de personnes affectées n'osent pas en parler. Une étude de 2009 révélait qu'entre 2 et 10 % de la population était touchés, ce qui sous-entend que les poux du pubis ne sont pas encore morts. Que deviendront-ils ? Et qui s'en inquiète vraiment ?

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