Santé

En bref : les maladies sexuellement transmissibles en augmentation

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La syphilis repart à la hausse, les blennorragies continuent leur progression et les infections dues aux Chlamydiae se répandent. Le dernier bulletin de l'Institut de veille sanitaire montre des chiffres inquiétants.

Alors qu'elle avait disparu en France, la syphilis a de nouveau fait parler d'elle en 2000 et est depuis sous surveillance. Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publié par l'Institut de veille sanitaire (InVS) en donne régulièrement des nouvelles. Dans sa dernière édition (mardi 5 février), le BEH établit des statistiques pour les années précédentes, jusqu'en 2006. Après une régression en 2005, le nombre de cas de syphilis a fortement augmenté en 2006 (455 contre 339).

Cette maladie n'est pas seule en cause. Les observations de l'InVS indiquent une hausse globale des infections sexuellement transmissibles (IST). Les blennorragies, maladies à gonocoques, sont elles aussi en augmentation. Dans le réseau de laboratoires travaillant pour l'InVS, les cas de gonocoques ont progressé de 50 % entre 2005 et 2006. Cette extension de la maladie s'observe surtout chez les femmes. Les hommes sont toujours les plus touchés mais les cas de gonocoques repérés chez des femmes dans le réseau de l'InVS ont augmenté de 264 % ! On remarque également une forte progression de cette infection en province (+ 94 % des cas observés).

La troisième IST en progression importante (11 %) est la lymphogranulomatose vénérienne rectale (LGV), dont l'agent est la bactérie Chlamydia trachomatis. D'apparition récente dans les pays européens, elle touche surtout les homosexuels. Toutefois, pour expliquer l'augmentation, l'analyse publiée dans le BEH n'exclut pas l'effet d'un meilleur dépistage.

Interrogée par l'Associated Press, Anne Gallay, médecin de l'InVS, parle d'une « situation inquiétante ». Pour elle, la progression de ces trois maladies constitue « un indicateur d'un relâchement de la prévention au moment des pratiques sexuelles ».

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