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Les produits sucrés seront taxés en Europe

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Face au fléau de l'obésité, l'Europe se mobilise et travaille sur la mise en place de taxes sur les aliments considérés comme responsables : sodas, bonbons, chips... Parmi la France, l'Écosse, l'Irlande, la Hongrie et le Danemark, certains pays ont déjà appliqué cette « taxe de la malbouffe », d'autres en sont encore au stade de proposition. Les recettes engendrées seront octroyées au système de sécurité sociale. 

Fin octobre, la France adoptera peut-être la taxe sur les boissons à sucres ajoutés. © Lori Martin, shutterstock.com

De nouvelles taxes voient le jour en Europe pour lutter contre l'obésité. Certains pays comme la Hongrie ont été les chefs de file de cette « taxe de la malbouffe », et d'autres ont suivi la marche.

Suite à l'annonce de débats au sein du gouvernement écossais concernant un projet de loi qui donnerait aux autorités locales la possibilité d'introduire une taxe sur les sodas, le ministre irlandais de la Santé, James Reilly, a annoncé le 26 septembre qu'il examinait la possibilité d'instaurer une taxe sur les produits sucrés dans son pays.

En Écosse, le responsable de l'opposition en charge de la santé, Richard Simpson, a souligné que dans sa région on consomme 20 % de plus de boissons gazeuses sucrées qu'en Angleterre.

Une TVA à 19,6 % en France sur les boissons sucrées ?

Les deux responsables citent la France en exemple : au 1er janvier (si le texte est voté fin octobre), la TVA sur les boissons à sucres ajoutés passera de 5,5 % à 19,6 %. Cette proposition annoncée par le Premier ministre il y a quelques semaines a généré quelques controverses : l'une d'elles provenait du géant Coca-Cola qui a menacé de suspendre des millions d'euros d'investissements en France, avant de se rétracter et d'évoquer une « erreur de communication ». Selon les calculs du ministère, le nouvel impôt français devrait générer 120 millions d'euros.

Mais de nombreux commentateurs soulèvent que cette nouvelle taxe touchera surtout les couches les plus pauvres de la population, alors qu'aucun lien n'a définitivement été établi entre les sodas et l'obésité.

Pour enrayer le fléau de l'obésité, le Danemark a mis en place une taxe augmentant de 2 euros en moyenne le prix du kilo des aliments de la malbouffe, comme les chips. © elena moiseeva

Lutte contre l'obésité : l'exemple de la Hongrie et du Danemark

Début septembre, la Hongrie a mis en application un impôt du même type, surnommé « taxe hamburger », sur les aliments très concentrés en sucre, en sel, en caféine et en glucides comme les chips, les boissons énergisantes, le chocolat, les bonbons et les sodas. Les recettes de cette taxe seront reversées au système de sécurité sociale national, tout comme la taxe française.

le Danemark, lui, met en application une nouvelle taxe augmentant d'environ 2 euros par kilo le prix des aliments contenant plus de 2,3 % d'acides gras saturés. Le 2 octobre, The Guardian a publié une enquête sur cette taxe, qui devrait permettre au pays d'engranger 165 millions d'euros par an et de réduire la consommation de graisses de près de 10 %. Elle concerne la malbouffe, comme les chips et les cookies, mais également des produits comme le lait, les huiles, la viande et les aliments précuits comme les pizzas surgelées. Selon le quotidien britannique, le Danemark est un précurseur en la matière : il avait déjà banni l'utilisation d'acides gras trans en 2004.

Le taux d'obésité du Danemark est de 10 %, un chiffre inférieur à la moyenne européenne (15 %), selon les chiffres de l'OCDE.

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