Santé

Le miel, une solution d'avenir contre les infections bactériennes ?

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Alors que les bactéries Streptococcus pyogenes développent des moyens de résister aux antibiotiques, des chercheurs ont découvert une nouvelle arme pour prévenir et traiter les infections qu'elles provoquent : le miel.

Le miel est fabriqué par les abeilles à partir du nectar des plantes qu'elles butinent. Suite à des réactions chimiques qui, notamment, séparent le saccharose en fructose et glucose, le miel est ventilé par des ouvrières spécialisées pour être déshydraté. Cette source de nourriture se conserve très longtemps car les bactéries ne peuvent s'y développer. C'est aussi pour cette propriété qu'on l'utilise comme antibiotique. © Blentley, Fotopédia, cc by nc 2.0

Les meilleurs remèdes se trouvent souvent dans la nature. L'aspirine est issue du saule, des anticancéreux puissants proviennent de l'if (Taxol) ou d'une éponge (discodermolide), pour citer les principes actifs les plus célèbres.

À cette longue liste, on pourrait également ajouter le miel de manuka, résultant du labeur des abeilles australiennes et néo-zélandaises auprès des fleurs de manuka (Leptospermum scoparium). Son pouvoir antibiotique a déjà été révélé sur plus de 80 espèces bactériennes, même s'il n'est exploité que par la médecine traditionnelle.

Des chercheurs de l'université de Cardiff ont montré dans la revue Microbiology que ce miel pouvait aussi être utilisé contre la bactérie Streptococcus pyogenes, et détruire des populations capables de s'organiser pour survivre à des antibiotiques.

Les bactéries se font des biofilms

Cette bactérie se retrouve à l'occasion sur notre peau, elle est notamment impliquée dans des infections consécutives à des plaies. En cas de blessure, ces pathogènes s'infiltrent, s'agglomèrent et forment un biofilm qui crée une barrière empêchant l’action des antibiotiques. En parallèle, ces bactéries développent une résistance accrue aux médicaments conventionnels. Dans ces conditions, les plaies ne cicatrisent pas et deviennent chroniques.

Les bactéries Streptococcus pyogenes sont de forme sphérique et elles s'agrègent entre elles pour former des chaînettes. Des estimations chiffrent à 700 millions le nombre d'infections qu'elles causent chaque année, parmi lesquelles environ 200.000 sont mortelles. © Centers for Disease Control and Prevention, Wikipédia, DP

Les scientifiques ont donc soumis des populations de Streptococcus pyogenes en culture à ce fameux miel de manuka et en ont relevé différentes observations. D'une part, en présence du nectar sucré, les colonies bactériennes n'arrivent plus à croître. D'autre part, de faibles concentrations de miel suffisent pour empêcher la formation du biofilm protecteur. Enfin, quand il est déjà établi, des quantités plus importantes sont suffisantes pour désagréger et détruire les cellules le composant.

Le miel de manuka, l’antibiotique du futur

En y regardant de plus près, les mécanismes en jeu se précisent. En temps normal, les bactéries utilisent des molécules de leur membrane pour se lier à une protéine présentée par les cellules humaines endommagées, la fibronectine. Une fois bien ancrées, les streptocoques peuvent produire leur film protecteur.

« Nous avons découvert que le miel réduit l'expression de la protéine de surface bactérienne, empêchant ainsi la liaison à la fibronectine humaine, ce qui résulte en un biofilm de piètre qualité » commente Sarah Maddocks, qui a dirigé l'étude. Ce qui facilite la lutte contre l'infection !

Un succès de plus à l'actif du miel de manuka, qui ferait selon les auteurs un très bon traitement contre certaines maladies infectieuses. La résistance aux médicaments étant de plus en plus forte, il faut trouver des solutions alternatives. Celle-ci pourrait bien être efficace, et ne devrait pas compter parmi les plus onéreuses...

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