Toutes les mamans le savent : s’occuper de ses enfants n’est pas de tout repos et conduit à des problèmes de sommeil, de la fatigue, du stress… D’après une nouvelle étude, les mères de familles nombreuses risquent plus de développer des troubles cardiovasculaires.

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[EN VIDÉO] « Le Cerveau des enfants, un potentiel infini ? » : apprendre à être Dans cet extrait du documentaire Le Cerveau des enfants, un potentiel infini ? de Stéphanie Brillant, diffusé par Jupiter Films et qui sort en France le 23 mai, Allan Shore, psychologue états-unien, évoque l'importance de la relation mère-enfant dans le développement du cerveau. Avec le nourrisson, explique-t-il, l'interaction est gestuelle et comportementale : la mère n'a rien d'autre à faire qu'être elle-même pour que le bébé apprenne à être, lui aussi.

En France, les maladies cardiovasculairesmaladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes (27,2 % des décès en 2013), devant les cancerscancers (24,6 % des décès). Pourquoi les femmes sont-elles si exposées au risque cardiovasculaire ? Le fait d'avoir des enfants joue-t-il un rôle ?

Pendant la grossesse, le corps des femmes subit des bouleversements : prise de poids, augmentation des graisses abdominales, risque de diabètediabète... En parallèle, pour répondre à une demande accrue en sang, le cœur grossit. Même si cette situation est temporaire, elle peut avoir des conséquences au fil des années. Et une fois que les enfants sont nés, la vie des mamans se partage souvent entre travail, éducation, tâches ménagères : un quotidien source de stressstress qui laisse souvent peu de place au sport, à la relaxation voire à la préparation de repas « bons pour le cœur ». On peut donc fort bien imaginer que les mères de familles nombreuses aient plus de risques de développer des troubles cardiovasculaires.

Le saviez-vous ?

En 2013, en France, 76.000 femmes sont décédées à cause d’une maladie cardiovasculaire.

Dans une recherche parue récemment dans Journal of Women’s Health, les chercheurs ont étudié 8.583 femmes américaines, de 45 à 64 ans, suivies pendant 30 ans. Clare Oliver-Williams, de l'université de Cambridge (Royaume-Uni), est la principale auteure de cet article ; elle commente les résultats obtenus par son équipe sur le site The Conversation.

Moins bonne santé cardiovasculaire et plus d'hospitalisations

Les chercheurs ont trouvé que plus une femme avait d'enfants, plus elle risquait de souffrir plus tard d'AVCAVC ou de maladies cardiaques. Chez les femmes ayant au moins cinq enfants, le risque d'AVC, d'insuffisance cardiaqueinsuffisance cardiaque et d'infarctus du myocardeinfarctus du myocarde augmentait de 26 % par rapport aux mères d'un ou deux enfants. Le risque d'hospitalisation pour un infarctus augmentait aussi avec le nombre d'enfants.

Par ailleurs, les femmes sans enfants qui avaient fait une fausse couchefausse couche voyaient leur risque cardiovasculaire augmenter de 64 % par rapport aux mères d'un ou deux enfants. Ceci pourrait être lié au stress d'une fausse couche ou à d'autres problèmes de santé.

Les auteurs notent aussi dans leur discussion que, chez les hommes, le risque cardiovasculaire augmente aussi en fonction du nombre d'enfants : d'autres paramètres, indépendants des bouleversements de la grossessegrossesse, interviennent probablement.

Mais Clare Oliver-Williams rappelle qu'avoir des enfants peut aussi avoir des bénéfices pour la santé des mères : les femmes qui ont plus d'enfants présentent moins de risque de cancer des ovairesovaires et de certains cancers du seincancers du sein. Elle en conclut que « Les exigences liées à la grossesse puis à l'éducation des enfants sont peut-être mauvaises pour le cœur, mais il semble que la rupture du cycle hormonal qui survient durant la grossesse est bonne pour le système reproducteur. »


Grossesse : les maladies du cœur augmentent la mortalité maternelle

Article de Destination Santé paru le 11 septembre 2011

Les femmes enceintes souffrant de maladies cardiovasculaires ont un risque plus important de mortalité maternelle. Elles sont statistiquement plus hospitalisées durant leur grossesse et ont recours, à 40 %, à l'accouchementaccouchement par césariennecésarienne.

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Être enceinte lorsque l'on est atteinte d'une maladie cardiovasculaire, c'est encourir un risque considérablement accru de mortalité maternelle. Confrontée à cette réalité, la Société européenne de cardiologie (ESC) milite par conséquent, pour une amélioration du suivi de ces patientes particulières.

« Les maladies cardiovasculaires préexistantes chez les femmes enceintes sont devenues la première cause de mortalité durant la grossesse en Europe », indique le Michel Komajda, président de l'ESC. Et cette situation ne semble pas devoir s'améliorer. En effet, le nombre de femmes à risque ne diminue pas, principalement en raison de l'augmentation continue de l'âge auquel se déclare la première grossesse (des grossesse tardives). Avec en corollaire, une augmentation des cas de diabète, d'hypertensionhypertension et de surpoidssurpoids chez ces femmes.

Les femmes enceintes souffrant de maladies cardiovasculaires doivent être plus surveillées durant leur grossesse. © F. clerc, Flickr CC by nc-sa 2.0
Les femmes enceintes souffrant de maladies cardiovasculaires doivent être plus surveillées durant leur grossesse. © F. clerc, Flickr CC by nc-sa 2.0

Grossesse et maladies du cœur : les résultats de l'étude

Dans le cadre du registre tenu par l'ESC, 1.300 femmes originaires de 28 pays ont été prises en compte. Toutes souffraient d'une affection cardiovasculaire reconnue. Si 60 % d'entre elles présentaient une maladie cardiaque congénitale, les autres étaient atteintes de troubles acquis : valvulopathie, cardiomyopathiecardiomyopathie ou cardiopathiecardiopathie ischémique. Résultat, 26 % de ces femmes ont dû être hospitalisées durant leur grossesse, et deux fois sur trois cette hospitalisation avait un lien direct avec leur trouble cardiaque.

Conclusion un peu... dérangeante de ce travail, la mortalité maternelle a été multipliée par cent chez ces femmes, et la mortalité du fœtus in utero l'a été par un facteur dix ! Enfin dans 40 % des cas il a été nécessaire de recourir à une césarienne. « Ces résultats doivent nous amener à modifier notre pratique, et à mieux suivre nos patientes lors de la grossesse », souligne le Pr Komajda.