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Une hormone ralentit le vieillissement... mais réduit la fertlité

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Chez le ver rond Caenorhabditis elegans, une hormone fabriquée en réponse à un régime calorique sévère augmenterait l'espérance de vie. Il s'agit d'une piste à suivre dans la lutte contre les maladies liées à l'âge, à condition de contrôler les effets néfastes de cette hormone sur la fertilité.

Le petit ver C. elegans est un modèle d’étude sur les rapports entre restriction calorique et faible vieillissement. © NIH, Wikimedia Commons, DP

Manger moins allonge la durée de vie d'un grand nombre d'espèces, de la levure aux primates en passant par l'araignée et le chat. Plus encore, une restriction calorique sévère diminue l'incidence des maladies liées au vieillissement (cancers, maladies neurodégénératives, fonte musculaire liée à l'âge). C'est en tout cas prouvé chez les rongeurs et les grands singes, et il y a de fortes chances qu'il en soit de même chez l'Homme. Ce régime drastique, à la limite de la malnutrition, reste difficilement soutenable, en raison notamment d'effets secondaires à la fois psychologiques (irritabilité, baisse de la libido) et physiologiques (baisse de la fertilité). Il est donc déconseillé de s'y astreindre dans le simple but de protéger sa santé !

L'équipe d'Hugo Aguilaniu du Laboratoire de biologie moléculaire de la cellule (LBMC - CNRS/ENS de Lyon/ Université Claude Bernard Lyon 1) a identifié chez le ver Caenorhabditis elegans une hormone produite en réponse à la restriction calorique. Cette hormone, l'acide dafachronique, est requise pour l'allongement de la durée de vie mais elle est également impliquée dans la baisse de la fertilité liée au régime. Cette découverte établit donc un lien direct entre l'augmentation de la durée de vie et la baisse des capacités reproductives lorsque le régime alimentaire est pauvre en calories. Ces travaux ont été publiés le 11 septembre dans la revue Nature communications.

Chez ce vers Caenorhabditis elegans, un marqueur fluorescent indique les noyaux des cellules musculaires, dont la dégénérescence est ralentie par la restriction calorique. © Manjunatha Thondamal, CNRS

Une symphonie inachevée

Les chercheurs ont aussi découvert dans le noyau des cellulesle récepteur à travers lequel l'acide dafachronique agit. Véritable chef d'orchestre, il va activer un grand nombre de gènes en présence de l'hormone. Dans cette « symphonie génétique », un mouvement induira une baisse de fertilité, et un autre le ralentissement du vieillissement.

Hugo Aguilaniu espère parvenir à dissocier ces deux types de réponse, afin de déclencher artificiellement l'effet protecteur vis-à-vis des maladies liées à l'âge, et ce sans qu'il s'accompagne des effets délétères associés. Avec peut-être des applications thérapeutiques à la clé, puisque l'hormone identifiée et son récepteur ont des cousins proches chez les mammifères et donc chez l'Homme.

Ces travaux ont été financés, notamment, par la Fondation pour la recherche médicale.

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