Chez le ver rond Caenorhabditis elegans, une hormone fabriquée en réponse à un régime calorique sévère augmenterait l’espérance de vie. Il s'agit d'une piste à suivre dans la lutte contre les maladies liées à l’âge, à condition de contrôler les effets néfastes de cette hormone sur la fertilité.
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Manger moins allonge la duréedurée de vie d'un grand nombre d'espècesespèces, de la levurelevure aux primatesprimates en passant par l'araignéearaignée et le chat. Plus encore, une restriction calorique sévère diminue l'incidenceincidence des maladies liées au vieillissement (cancerscancers, maladies neurodégénérativesmaladies neurodégénératives, fontefonte musculaire liée à l'âge). C'est en tout cas prouvé chez les rongeursrongeurs et les grands singes, et il y a de fortes chances qu'il en soit de même chez l'Homme. Ce régime drastique, à la limite de la malnutrition, reste difficilement soutenable, en raison notamment d'effets secondaires à la fois psychologiques (irritabilité, baisse de la libidolibido) et physiologiques (baisse de la fertilité). Il est donc déconseillé de s'y astreindre dans le simple but de protéger sa santé !

L'équipe d'Hugo Aguilaniu du Laboratoire de biologie moléculairebiologie moléculaire de la cellule (LBMC - CNRS/ENS de Lyon/ Université Claude BernardClaude Bernard Lyon 1) a identifié chez le ver Caenorhabditis elegans une hormonehormone produite en réponse à la restriction calorique. Cette hormone, l'acideacide dafachronique, est requise pour l'allongement de la durée de vie mais elle est également impliquée dans la baisse de la fertilité liée au régime. Cette découverte établit donc un lien direct entre l'augmentation de la durée de vie et la baisse des capacités reproductives lorsque le régime alimentaire est pauvre en caloriescalories. Ces travaux ont été publiés le 11 septembre dans la revue Nature communications.

Chez ce vers <em>Caenorhabditis elegans</em>, un marqueur fluorescent indique les noyaux des cellules musculaires, dont la dégénérescence est ralentie par la restriction calorique. © Manjunatha Thondamal, CNRS

Chez ce vers Caenorhabditis elegans, un marqueur fluorescent indique les noyaux des cellules musculaires, dont la dégénérescence est ralentie par la restriction calorique. © Manjunatha Thondamal, CNRS

Une symphonie inachevée 

Les chercheurs ont aussi découvert dans le noyau des cellules le récepteur à travers lequel l'acide dafachronique agit. Véritable chef d'orchestre, il va activer un grand nombre de gènesgènes en présence de l'hormone. Dans cette « symphonie génétiquegénétique », un mouvement induira une baisse de fertilité, et un autre le ralentissement du vieillissement.

Hugo Aguilaniu espère parvenir à dissocier ces deux types de réponse, afin de déclencher artificiellement l'effet protecteur vis-à-vis des maladies liées à l'âge, et ce sans qu'il s'accompagne des effets délétères associés. Avec peut-être des applicationsapplications thérapeutiques à la clé, puisque l'hormone identifiée et son récepteur ont des cousins proches chez les mammifèresmammifères et donc chez l'Homme.

Ces travaux ont été financés, notamment, par la Fondation pour la recherche médicale.